



Dimanche 22 mars : (suite)
L'Homme est parfois bizarre : faire plein d'heures d'avion pour acheter des trucs fabriqués fort loin du pays visité et pratiquer une activité qu’il pourrait très bien faire sur une plage du "New Jersey" (car une très large majorité de ces touristes doivent débarquer tout droit des USA) !
Après avoir passé une quarantaine de minutes à regarder les grosses vagues du Pacifique s'éclater sur les rochers à l'est de la plage, nous retournons à la voiture déposer nos affaires de plage (serviettes et maillots de bain, enfin, maillot de bain au singulier
). Anne-Marie n'a pas envie de les porter dans son sac à dos pendant la visite du parc national. Nous rejoignons ensuite l'entrée du parc, en refusant 20.000 propositions de guides (nous comptons visiter le parc sans guide, afin de pouvoir prendre notre temps pour les photos). La vérification de nos billets d'entrée est une simple formalité (tout est informatisé, ce qui permet à la guichetière de retrouver nos billets en un instant) mais auparavant, il a fallu montrer patte blanche : nos sacs ont été fouillés méticuleusement pour vérifier que nous ne transportions pas de nourriture (dans le cas contraire, des casiers sont disponibles à l'entrée du parc pour y laisser des affaires). Cette interdiction est facilement compréhensible car, par exemple, la nourriture pourrait rendre voleur (voire agressif) les singes capucins (puis, les sandwichs ou autres friandises ne doivent pas faire partie du régime alimentaire préconisé de ces singes).
Nous débutons la visite du parc national en suivant la piste qui descend vers le sud, vers la "Punta Catedral", laissant sur notre droite la passerelle qui surplombe la mangrove. Contrairement à la réserve de Monteverde où nous avions croisé très peu de personnes, et donc peu de guides, c'est loin d'être le cas à "Manuel Antonio". Nous en profitons donc pour essayer de repérer où pointent les longues-vues des guides
. Premier arrêt : une longue-vue pointée vers la cime d'un arbre mais nous ne distinguons rien. Ca devait être un paresseux roulé en boule de poils au sommet de l'arbre. Un peu plus loin, l'observation est bien plus simple : un coati (blessé sur le dos mais cette blessure ne semble pas le faire souffrir) est en train de manger quelque chose au bord la piste. Des personnes passent à moins de deux mètres de lui sans que ça le perturbe, ni le fasse fuir ! Nous étions même trop près de celui-ci pour le photographier au téléobjectif (mais au grand angle, nous aurions eu plein de touriste sur les photos).
Plus loin encore, alors que la passerelle tangente la piste, nous apercevons un large attroupement de touristes sur cette passerelle : il y a là plusieurs paresseux trois doigts (nous avons entendu qu'il s'agissait de mâles en train de se disputer une femelle) dont l'un est en train de descendre le long d'un arbre, avant de remonter sur un autre... Il est parfaitement dégagé, sans branche, ni feuille pour le masquer, et on distingue aisément sa tête. Il est temps de jouer (un peu) à Guy (cf la journée du lundi 16 mars) pour se faire une petite place entre toutes les personnes photographiant au smartphone. Pour une fois qu'un de ces mammifères ne ressemble pas à une grosse boule de poils, nous en profitons un long moment !
Nous continuons ensuite de descendre vers le sud du parc par la passerelle et nous apercevons alors une sorte de biche (non, ne pas se transformer en Guy, ne pas jeter à l'eau de smartphone
). La passerelle se termine peu après, à proximité du "coffee shop" (ou plutôt self-service). Ensuite, au niveau de toilettes (équipées de douches pour permettre aux personnes s'étant rendues à la plage de se rincer ; le parc est d’ailleurs très bien équipé comme, par exemple, de points d'eau disposés tous les 200 à 300 mètres le long des sentiers), nous repérons presque par nous-mêmes un lézard Jésus-Christ posé sur des racines, à 1 mètre du sentier. La plage "Manuel Antonio" se situe peu après ces toilettes, ce qui nous fait sombrer dans le désespoir ! Certes, il s'agit d'une très belle plage, avec un beau sable blanc, bordée de cocotiers et lovée tout au fond d'une grande crique qui la protège des vagues du Pacifique, mais nous pensons que 90 % des visiteurs du parc ne se rendent dans le parc national que pour se baigner sur cette plage ! Dans un sens, tant mieux pour le parc qui touche 18 $US par visiteur mais son intérêt principal nous semble être la présence d'une faune abondante, pas la plage ?
Au sud de cette plage, le sentier passe devant une sorte de tour d'observation. Nous grimpons à son sommet mais elle ne permet pas de passer au-dessus de la canopée, elle reste dans le feuillage des arbres. Cependant, au pied de cette tour, un singe capucin est en train de boire dans le trou d'une branche, à 1 mètre du sentier. Les premières marches de la tour permettent alors de passer (visuellement) au-dessus de la rangée de smartphones braqués sur ce singe pour le photographier sans problème. Après cette tour d'observation, le sentier débouche sur la plage Espadilla sud, toute aussi belle que la première mais plus exposée aux vagues.


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