62 angströms !

Publié le 5-Mai-2018, par Christophe.

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Je suis toujours effaré par les remarques de certains internautes sur des articles de journaux en ligne : «Comment se fait-il qu'au XXIème siècle, on n'arrive pas à localiser rapidement un avion qui s'est crashé dans l'océan Indien ?». Certes, Hollywood n'aide pas le commun des mortels en faisait croire que la technologie spatiale est capable de dénicher un terroriste enfoui dans un bunker à 20 mètres de profondeur, mais quand même, l'océan Indien, c'est une superficie de 73.560.000 km² alors qu'un avion, ce n'est même pas 4.000 m² de surface. L'ordre de grandeur des deux chiffres ne vous choque pas ? Pour moi, il s'agit principalement de déni de la réalité : toutes ces internautes forts peu avisés, sont incapables de se rendre compte de la taille de notre planète, la Terre, c'est-à-dire un globe de 40.075 km de circonférence (ou 6.371 km de rayon) ! En plus, certains de nos contemporains sont tellement déconnectés de la réalité qu'ils croient même que les astronautes et cosmonautes de l'ISS sont filmés dans une grande piscine cachée dans un hangar car la Terre est plate et on ne peut pas orbiter autour...

Donc, essayons les analogies ! Quelle serait l'équivalent de la taille de l'Everest, 8.848 mètres d'altitude, sur une balle de ping-pong de 2 cm de rayon ? L'Everest représenterait une tache de 0,027 millimètres d'épaisseur, c'est-à-dire 27 microns, sur la surface de la balle de ping-pong, c'est à dire bien moins que les irrégularités déjà présentes sur la surface de balle de ping-pong (alors qu'une balle de ping-pong, à l'œil nue, paraît bien lisse). Il faudrait un microscope pour distinguer l'équivalent de l'Everest sur une balle de ping-pong ! Autre analogie : quelle serait la hauteur de la tour Eiffel sur une balle de ping-pong ? Réponse : 0,94 microns ! La tour Eiffel ne serait visible qu'à l'aide d'un microscope électronique ! Un homme adulte ? Il mesurerait à peine de 62 angströms, c'est à dire, grosso-modo, 62 molécules d'hydrogène de haut sur la surface d'une balle de ping-pong ! Toutes ces analogies montrent bien que l'homme est quasi-invisible sur la surface du globe.

Ci-dessous, la réprésentation de la tour Eiffel (0,7 pixel de haut) et de l'Everest (20 pixels de haut) sur une portion de la surface de la Terre de 700 pixels de large (le globe terrestre en entier aurait un diamètre de 30.000 pixels ; on distingue à peine la courbure de la Terre) :

Vue de la Terre

Ci-dessous, nouvelle réprésentation de l'Everest (plus qu'1 pixel de haut) sur une portion de la surface de la Terre de 700 pixels de large (dans ce cas, le globe terrestre en entier aurait un diamètre de 1.500 pixels ; on distingue mieux la courbure de la Terre ;-)) :

Vue de la Terre 1

Maintenant, prenons un gros ballon d'un mètre cinquante (1m50) de diamètre. L'Everest, c'est l'équivalent d'une tête d'épingle d'un millimètre de haut sur ce gros ballon ! La tour Eiffel ? Même pas une crotte de mouche car elle mesurerait 35 microns sur ce globe d'un mètre cinquante de diamètre. Quant à un homme adulte, il mesurerait 0,2 microns. Et la grande muraille de Chine (6.259 km de long mais seulement 4 à 5 mètres de large), sur ce globe, ne serait qu'un trait de 0,6 microns de large sur une longueur de 74 cm. Autant dire qu'elle est invisible si ce globe d'un mètre cinquante de diamètre est placé une cinquantaine de mètres devant l'observateur, ce qui est, grosso-modo, équivalent de la vision de la Terre depuis la Lune ! On peut donc tordre le coup à une légende urbaine : la grande muraille de Chine n'est pas la seule construction humaine que l'on voit depuis la Lune, puisque tout simplement, on ne la voit pas car elle est trop étroite !

En guise de conclusion, prenons maintenant un Boeing B-777 : 74 mètres de long, pour 61 mètres d'envergure. Il tient donc dans un rectangle d'une superficie de 4.500 m², c'est-à-dire 0,0045 km² ! Pour rappel, l'océan Indien a une superficie de 73.560.000 km². Chercher un B-777 dans cet océan correspond donc à chercher une tête d'épingle (1 mm²) sur un terrain de 1,634 hectares, c'est à dire presque la surface de deux terrains de foot (pour des matches internationaux). Le «jeu» consiste donc à trouver cette tête d'épingle, cachée sur presque deux terrains de foot, avant que tous les débris de l'avion coulent ou soient emportés par les courants (même si les boîtes noires peuvent diffuser un signal sur des kilomètres-carrés). Au passage, n'oublions pas que la portée des antennes relais GSM est limitée à 10 km (environ), c'est à dire qu'une antenne relais ne couvre qu'une surface de 314 km². Il faudrait donc implanter plus de 234.267 antennes relais, sur toute la surface de l'océan Indien, pour que les téléphones GSM des passagers d'un avion survolant cet océan puissent être relayés en continu, durant tout le vol ! Je suis désolé, mais avec la technologie dont nous disposons aujourd'hui, ou même celle dont nous disposerons dans quelques années, si un avion qui se crashe au milieu de l'océan Indien, sous de gros cumulo-nimbus bloquant les transmissions satellites, ses passagers sont perdus corps et âmes, comme dans la série «Lost» (cf. la conclusion bâclée de cette série) !

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