The Dark Side of the Frenchman !

Publié le 5-Janvier-2013, par Christophe.

BD dark side of the frenchman 1

BD dark side of the frenchman 2

BD dark side of the frenchman 3

Comment les Français sont-ils vus à l'étranger ? Voilà bien une question intéressante à se poser et la réponse ne semble pas être : béret basque, la baguette sous le bras et le litron de rouge dans le cabas avec le calendos bien coulant. Bien évidemment, il ne s'agit pas d'une étude sérieuse mais des retours d'expériences que nous avons vécues lors de nos voyages (tout est vrai !).

Son principal défaut : le Français, surtout le modèle originaire de la capitale française et de sa région, sait tout, il connaît tout et il donne des leçons sur tout et en particulier pour trois sujets : la gastronomie, les droits de l'homme et l'art de vivre. Et donc, forcément pour le Français, tout est moins bien à l'étranger ! Ce vin chilien renommé : «moins bon que le petit vin au pichet du restaurant à côté de chez nous» (pour information, celui où le restaurateur remplit ses pichets avec des briques de «villageoise»). Ce succulent bœuf à la citronnelle au Viêt Nam : «Ah, je n'y touche pas car c'est certainement du chien que ces sauvages mangent ! Et rien ne vaut une bonne côte de bœuf bien saignante !». La bière au fin fond du Sénégal (dans un village très reculé que l'on n'accède que par une piste très défoncée) : «Pas fraîche ! Ces Africains sont vraiment des bons à rien !». Monument Valley : «C'est scandaleux, il n'y a pas de route goudronnée, on est obligé de louer une jeep avec un chauffeur !». On se demande d'ailleurs pourquoi les Français voyagent puisqu'ils ne sont pas aussi bien qu'en France ? C'est vrai, la France est le plus beau pays du monde, Paris la plus belle ville du monde, tous les Français mangent à midi un tournedos Rossini, alors pourquoi aller boire une bière à 10 °C dans un pays où il fait 40 °C à l'ombre ? Inutile de dire que ce genre de réflexion horripile les guides étrangers. A entendre des «en France, on ne fait pas comme ça (sous-entendu, c'est mal fait chez vous)», je me demande comment certains guides font pour ne pas lâcher leurs clients français en pâture aux fauves ?

La révolution française, la déclaration des droits de l'homme, la Marseillaise, Napoléon, etc... Ces faits historiques semblent donner le droit aux Français de critiquer la politique de n'importe quel pays. J'ai en particulier un souvenir d'une conversion entendue dans un restaurant d'El Calafate en Argentine : des Français assis à une table voisine critiquaient la politique économique de l'Argentine (en 1991, le pays subissait une grave déflation de sa monnaie) et en concluaient (100 % véridique) que la démocratie n'était pas un bon système politique pour les Argentins ! Largement sous-entendu : une bonne dictature, c'est ce qui leur fallait ! Je me demande même si c'est resté au stade du sous-entendu ou si je l'ai vraiment entendu dire. L'Argentine n'est qu'un exemple. On peut aussi laisser parler quelques «beaufs» français entre eux, au Sénégal par exemple, et je suis certain qu'on arrive au même résultat. Comme si depuis la révolution française, les Français avaient toujours été exemplaires en matière de droit de l'homme, surtout en remplissant un certain vélodrome en 1942. Les droits de l'homme donnent aux Français le droit de l'ouvrir, mais parfois ils devraient avoir le droit de la fermer !

Pour rester du côté de l'Argentine, pays splendide aux habitants si chaleureux, j'ai en tête la remarque d'un Argentin que j'ai rencontré en Guyane. Je lui avais demandé ce qu'il pensait des Français et sa toute première remarque a été : ils sont sales ! (Demandez à n'importe quel étranger qui a visité la France, il vous dira la même chose). Il a ensuite précisé ses paroles : ce n'est pas que les Français ne se lavent pas mais que les toilettes publiques françaises sont sales, et encore, quand il y en a ! C'est vrai que si on regarde l'état des toilettes publiques des aires d'autoroute en France, on se demande dans quelle porcherie on met les pieds, c'est franchement immonde les jours de grands départs (ne dites pas que ce n'est pas vrai ou que c'est de la faute du routier espagnol ou du plombier polonais). Il y a quand même un fossé entre l'image du raffinement à la française avec les marques de luxe françaises et la réalité dans la vie de tous les jours !

Comme j'en entends déjà médire dans mon dos, nous arrivons alors à un aspect très détestable du Français que notre guide sud-africain n'aimait pas du tout : le manque total de franchise ! Le Français ne fera aucune remontrance à quelqu'un, les yeux dans les yeux. Non, il va médire dans le dos de la ou des personnes visées. Il va ragoter, faire courir des rumeurs. S'il est seul, il irait bouder dans son coin en râlant (en maîtrisant à la perfection cette figure de style) ou, s'ils ne sont pas seuls, ces couards s'amuseront lancer des vannes douteuses... Immonde ! Imaginons par exemple, Mr «Tripeàlamodedecaen» qui n'aime pas les repas préparés par le cuisinier de l'expédition, il n'ira jamais le voir pour lui demander de mettre moins de sel ! Non, Mr «Tripeàlamodedecaen» lancera d'abord une petite plaisanterie de mauvais goût à table, histoire de voir si quelqu'un d'autre pense comme lui et si c'est le cas, les carottes seront définitivement cuites pour le cuisinier... Alors que si Mr «Tripeàlamodedecaen» avait été voir le cuisinier, il aurait peut-être appris que c'est moins simple de cuisinier sur un feu de bois que sur une plaque à induction. Ou mieux, Mr «Tripeàlamodedecaen» aurait pu aider le cuisinier à améliorer sa tambouille ou carrément proposer de préparer un repas.

N'oublions pas au passage que le Français est souvent pingre (mais, il n'y a pas que les Français) ! J'ai déjà abordé ce problème dans un article, mais c'est toujours bon de le rappeler : pour le pingre, il a payé, on lui doit tout, quelque soit les conditions ! Il a payé, il doit avoir sa bière à 3 °C au fin fond du Sénégal ! Il a payé 1.000 euros le tour opérateur, le piroguier n'a pas le droit à 20 centimes d'euros de pourboire... Enfin, passons ! Pour sa défense, le Français n'a pas l'habitude de laisser un pourboire, au restaurant en particulier, parce que, en France, le service est compris dans l'addition (et comme il connait tout, le Français ne lit pas ses guides de voyage). Mais les Français devraient faire attention car à l'étranger, le pourboire est souvent obligatoire car il représente alors de l'intégralité du salaire des serveurs (généralement, 10 % est le minimum à laisser, même si on est mécontent du service). Et comme les serveurs savent que les Français oublient presque systématiquement de laisser le pourboire, certains servent donc les Français sans grand enthousiasme.

Le plus ennuyeux pour nous, à titre personnel, c'est que les Français sont donc de piètres compagnons de voyage. Ils sont pourtant souvent d'un abord chaleureux mais si on a le malheur de ne pas penser comme eux (et surtout comme le reste du groupe) ou de ne pas rester solidaire avec les Français (en se joignant aux félons d'Anglais ou aux maudits Américains), on est certain de se prendre rapidement une volée de bois vert (dans le dos, bien évidemment). Par exemple, nous avions proposé de donner un (tout petit) pourboire à un piroguier qui nous avait promenés toute la matinée, ceux qui n'étaient pas d'accord avec nous ont très vite émis pleins de remarques désagréables à notre égard : «nous faisions dans le voyage humanitaire» ou, je crois bien que ça doit être l'insulte suprême pour un Français, «nous ne connaissions même pas la France !» ! Mais est-ce une tare ? D'abord, c'est faux car nous connaissons bien les Antilles Françaises et l'Île de la Réunion. Puis, franchement, quand on a affaire à ce genre d'individus, on n'a pas envie de voir le reste de la population du terroir d'origine.

Tous ces comportements nauséabonds ne sont que des exemples minoritaires, il ne faut surtout pas en faire une généralité. Mais quand même, vu le pourcentage d'imbéciles estampillés «AOC France» que nous avons croisé à l'étranger (environ 10 %, ce n'est pas rien), c'est à se demander si nous manquons de chance ? En comparaison, nous avons croisé quelques Suisses dans les Andes ou dans le désert jordanien et les contacts furent tous appréciables (mais l'exception qui confirme la règle est toujours possible, comme récemment en Namibie). D'accord, nous avons moins souvent voyagé avec des Suisses qu'avec des Français mais ça n'excuse pas les comportements intolérables de certains Français. Et bien évidemment, les autres nationalités ont aussi leurs défauts mais ça me dérange qu'on se méfie parfois de nous, simplement parce que nous avons dit que nous étions Français... Enfin, ce n'est pas trop fréquent et heureusement, on nous cite plus souvent Zidane lorsque nous apprenons à notre interlocuteur que nous sommes Français.

En conclusion, pour améliorer l'image des Français à l'étranger, faites donc attention la prochaine fois que vous voyagerez ! Et faites-y très attention car le naturel revient très vite au galop à l'image de ce Français qui essayait de contredire notre guide Sud-Africain à qui j'avais demandé ce qu'il pensait des Français : une semaine après, notre contradicteur se découvrait alors sous son vrai visage, donnant raison au guide sud-africain. Surtout, soyez ouvert à la découverte : oui, ce n'est pas comme en France mais essayez de comprendre pourquoi ? Et montrez plutôt les qualités des Français car elles ne semblent pas trop se voir à l'étranger : l'amitié ou l'humour (bien-sûr, en évitant les vannes douteuses et racistes, ce qui semble être difficile pour certains Français mais ne dit-on pas qu'«impossible n'est pas français» ?), etc...

PS : je l'avoue, j'ai aussi le même défaut que pleins d'autres Français : ne retenir que le pire, en passant sous silence le meilleur ;-). (Et j'aime bien «Pink Floyd» et les «Star Wars»).

-- Accueil du blog --
-- Article précédent du blog --
-- Article suivant du blog --
-- Carnet de voyage --
© 2018 AMVDD.FR