Des crocs dans la nuit !

Publié le 27-Septembre-2014, par Christophe.

BD crocs dans la nuit 1

BD crocs dans la nuit 2

BD crocs dans la nuit 3

Continuons donc avec la liste de bébêtes qui auraient pu nous nuire mais qui ne l'ont pas fait, avec le continent nord américain et l'Afrique. Nous avons randonné dans l'ouest américain («Bryce Canyon», «Grand Canyon», «Arch National Park») sans jamais croiser un serpent à sonnette ! Bien que dangereuse, cette bestiole tue beaucoup moins de personnes que l'Américain moyen, adepte des armes à feu (qui peut flinguer intentionnellement ou par accident, il peut même arriver à se flinguer lui-même en nettoyant son arme qu'il chérit particulièrement ; les statistiques sont assez effarantes à ce sujet). Le coyote : très bel animal pourtant mal aimé. Nous en avons vu un à Yellowstone, il ne s'est pas montré agressif et s'est éloigné de nous.

Par contre, il faut plus faire attention au «moose», l'élan du Canada, qui a la réputation d'avoir mauvaise humeur. Ce végétarien fait quand même deux mètres au garrot et possède des bois ratissant large. Une charge de cet animal peut causer de graves blessures. Il faut donc éviter de s'en rapprocher de trop près. Autre herbivore d'Amérique du nord dont la charge peut être dangereuse : le bison. Nous en avons croisé un d'assez près (à pied) à Yellowstone, il se roulait dans la poussière près d'un chemin de randonnée mais il nous a heureusement ignorés. Pourtant les rangers du parc conseillent de ne pas s'en rapprocher !

Et l'ours noir ou l'ours brun (aussi appelé grizzly mais c'est bien un ours brun) ? Oh, oui ! C'est un animal très dangereux et impitoyable pour ... les glacières ! C'est bien là le principal problème avec ces plantigrades... D'après une notice d'information lue au parc national de Banff au Canada, il faut même éviter de mettre une glacière sur le siège arrière d'une voiture car ils savent maintenant à quoi ressemble une glacière (et ce qu'elle contient habituellement) et ils ont la force et la technique pour plier la portière pour accéder à la glacière. Si vous campez en tente, il faut éviter d'avoir de la nourriture dans la tente, pour éviter que l'ours vienne la chercher (c'est surtout que vous risquez de ne plus avoir de tente). Quant au danger pour l'homme, il faut éviter de s'en approcher et se signaler par une clochette lors de randonnée en forêt car généralement, ils fuient devant l'homme. Mais comme pour la plupart des animaux, ce sont les mères accompagnées de petits qui sont les plus dangereuses, surtout si vous vous retrouvez entre elles et leurs petits. Dans ce cas, elles n'hésiteront pas à attaquer pour protéger leurs petits.

J'ai deux anecdotes concernant les ours. La première date du voyage au Québec en 1997. Nous avions allumé un grand feu de camp quand, la nuit tombée, nous avons entendu de drôles de bruits provenant du bois tout proche. Peut-être était-ce un ours ? L'un des participants au séjour en canoë-camping, peu enclin à utiliser ses neurones, s'est alors approché de la lisière du bois. Il y a eu un grand bruit et notre imprudent s'est alors transformé en sprinter de 100 mètres. Je crois que nous n'avons jamais vu quelqu'un détaler aussi vite. En fait, le feu crépitait et c'était l'écho de ces crépitements que nous entendions. Et le grand bruit ? Notre guide qui venait de lancer un gros galet dans le bois ! Nous avons bien ri mais ce comportement était bien totalement irréfléchi : on ne part à l'aveugle devant un danger complètement inconnu !

La seconde anecdote s'est déroulée dans les parcs nationaux des rocheuses canadiennes, au mois de mai 2011. Sorti de l'hiver, les ours affamés venaient manger les pissenlits (ou des racines) sur les terre-pleins au bord des routes. Ces goinfres ne pensaient qu'à manger, ignorant complètement les automobilistes s'arrêtant sur la route pour les observer. Nous avons alors vu un mec sortir de sa voiture (bombe anti-ours au poivre à la ceinture) alors qu'il n'était plus qu'à une dizaine de mètres d'un grizzly ! J'aurais bien aimé que l'ours charge et monte sur le capot ou le toit de la voiture. Vue la taille de ses griffes et son poids, le grizzly aurait pu bien abîmer la voiture ! Heureusement, le grizzly est passé, sans la moindre agressivité. Ces animaux ne sont donc pas des animaux extrêmement dangereux pour l'homme mais ils restent néanmoins des animaux sauvages et il faut éviter de s'en rapprocher. Pour les photos, il faut bien évidemment utiliser un bon téléobjectif car il est hors de question de s'en rapprocher, en voiture ou à pied (ce que nous avons vu faire une autre fois), pour les avoir plein cadre dans l'appareil photo.

Continuons avec le lion que nous avons croisé au Kenya et en Afrique Australe (Namibie & Botswana). Lors du premier soir au Kenya, nous campions (en tente igloo) dans le parc de Tsavo, près d'un lac, quand nous avons entendu un grand grognement (pas le rugissement standard type Hollywood). Il s'agissait d'un lion en train de boire au lac. Nous ne l'avons pas vu mais je crois qu'heureusement, car aucune clôture ne nous séparait du lion pour la nuit. Quelques jours plus tard, à Samburu, nous étions en train de pique-niquer sous un arbre quand l'un de nos chauffeurs a vu des lions, assez près de nous. Comme nous n'en avions encore pas vu, nous avons pris nos appareils photos et nous sommes partis, à pied, en direction des lions, qui ont heureusement fuit. On a quand même fini par réaliser qu'on était complètement inconscient de partir vers les lions à pied (qu'est-ce que je viens de dire à propos des ours ? Erreur de jeunesse...). Heureusement, quelques jours plus tard, nous avons croisé à nouveau des lionnes et nous étions dans les minibus. Elles ont même utilisé nos véhicules pour se cacher de zèbres qu'elles essayent de chasser. En fait, elles nous ignoraient complètement ! Visiblement, à bord d'un véhicule, nous ne sommes pas un risque pour les lions, ni une proie potentielle, nous faisons juste parti du décor.

4 ans, plus tard (2002), au Botswana, nous avons de nouveau côtoyé les lions. Dans le parc national de Moremi, nous avons même changé une roue crevée (il a donc fallu descendre du 4x4) à une centaine de mètres de lionnes que nous n'avions pas vues (nous les avons vues seulement après avoir changé la roue). Mais, le plus extraordinaire a été la nuit qui a suivi... Nous dormions en tente dans le parc même, sans aucune barrière entre les félins et nous, ni avec les hyènes qui attendaient qu'on aille se coucher pour venir chercher les os dans le feu de camp. On entendait alors, à travers la toile de la tente, le souffle de ces prédateurs qui passaient tout près des tentes. Puis, soudain, il y eu énormément de bruit, des cris, de grognements, des galopades, on sentait presque la terre vibrer sous la tente... Anne-Marie avait vraiment peur et s'était caché au fond de son sac de couchage mais j'étais complètement zen, bien qu'ayant reconnu les rugissements d'un lion (mais on nous avait dit qu'il n'y avait pas de danger ;-)) ! Et le lendemain matin, en nous levant, nous avons découvert une hyène morte à 20 mètres de notre tente ! Le guide nous a alors expliqué ce qui s'était passé : un énorme lion avait tué cette hyène. Le guide, perché sur le haut du 4x4, était au premier rang et avait entendu les os de la colonne vertébrale de la hyène se rompre sous les crocs du lion ! Le lion aurait pu aussi nous attaquer car il n'y avait qu'une simple toile de tente entre lui et nous mais dans les faits, les lions croient que c'est une construction en dur, donc ils n'essaient même pas de s'en prendre aux tentes. Par contre, il faut absolument éviter d'allumer une lampe dans la tente, ce qui révélerait alors la finesse de la toile ! Le guide nous avait aussi recommandé de dormir au centre de la tente, en plaçant des sacs contre les parois, parce qu'un de ses clients italiens, dormant contre la paroi, s'était retrouvé contre un lion couché lui aussi contre la paroi, bien évidemment, à l'extérieur de la tente. L'Italien croyant que sa femme prenait toute la place, avait donné un grand coup de coude au lion qui n'avait pas apprécié du tout ! Ca c'était juste fini avec des gros rugissements et une belle frayeur pour l'Italien qui depuis doit éviter de donner des coups de coude à sa femme !

Il y a deux ans, nous avons croisé à nouveau des lions en Namibie. Anne-Marie se demandait pourquoi les occupants d'un autre 4x4 regardaient dans notre direction ? C'est juste qu'ils observaient une lionne couchée 100 mètres devant notre capot, nous ne l'avions pas vue car son pelage roux se confondait parfaitement avec les hautes herbes sèches ! Nous avons aussi recroisé des hyènes lors d'un safari de nuit. Elles se rapprochaient tout près du 4x4, juste pour sentir notre odeur, et repartir. C'était juste de la curiosité !

Autre prédateur d'Afrique (y compris à Madagascar) que nous avons croisé : le crocodile du Nil ! Il faut bien évidemment éviter de se baigner où il y en a, car ces animaux ne vous laisseront aucune chance, mais il faut aussi faire attention aux berges ! Ca me rappelle qu'en 1998 au Kenya, nous étions tous descendus des minibus pour aller voir des hippopotames dans le fleuve Masaï-Mara quand un ranger du parc est arrivé en nous demandant si nous avions vu le crocodile sous les arbres ? Où ça sur l'autre berge ? Non, derrière nous ! Nous étions passés à 50 mètres d'un énorme crocodile que nous n'avions pas vu ! Et d'ailleurs, en parlant d'hippopotame, il faut faire attention à ces énormes mastodontes qui peuvent courir très vite (à la surface) pour rejoindre leur plan d'eau, que vous soyez sur la trajectoire ou pas ! Nous avons du faire attention en campant un soir au bord d'un lac où vivaient des hippopotames, parce qu'ils sortaient la nuit de l'eau pour brouter l'herbe du camping.

L'éléphant : nous en avons côtoyé de très, très près, en voiture, sans jamais avoir le moindre souci ! Je ne sais pas comment des personnes ont pu avoir des soucis avec une horde conduite par une matriarche ? Ils ont certainement dû se placer entre un petit et sa mère, ce qu'il faut bien évidemment ne pas faire ! Il est aussi vrai qu'une fois, au Kenya, notre chauffeur avait le pied sur la pédale d'embrayage, près à repartir, car il s'agissait de deux mâles solitaires qui se battaient. Mais deux jours auparavant, notre chauffeur s'était arrêté, moteur coupé, au bord d'une piste où allait passer une horde entière d'éléphants. Tout le troupeau est passé très près de nous, dans la sérénité la plus absolue, tout en délicatesse, et la matriarche qui fermait la marche a alors soulevé sa trompe à notre niveau comme pour nous saluer d'un grand barrissement ! C'était magique, un de nos meilleurs souvenirs de voyage !

Passons maintenant aux pestes qui nous ont réellement ennuyés en Afrique. Commençons par le plus impressionnant : le babouin ! La première fois, un grand mâle nous a piqué la boîte de céréale du petit déjeuner (en Afrique australe, ils sont bien connus pour ce genre de fait). Il a déboulé à toute vitesse au milieu du groupe, a pris la boîte et il est reparti aussi vite. Personne n'est allé la lui disputer car c'était un grand mâle assez impressionnant (avec de bonnes canines). La seconde fois, c'était au Sénégal, nous nous promenions en forêt pour les prendre en photo, mais nous nous sommes rapidement aperçus que plusieurs troupes nous encerclaient et se rapprochaient de plus en plus de nous. Nous n'en menions pas large ! Nous sommes alors revenus vers un Sénégalais qui coupait des branches dans le coin et les babouins sont repartis. Cela nous a juste vallu une belle frayeur !

Et pour finir : le vervet ! Un petit singe mais très envahissant. Eux en voulaient à nos avocats et n'hésitaient pas à venir nous les prendre presque dans les mains ! Quand nos chauffeurs essayent de les chasser, ils détalaient mais quand j'ai essayé, le singe a commencé par fuir avant de faire demi-tour et de me charger à son tour. C'était la petite bête qui chassait la grande ! Cela dit, ma plus grande frayeur avec un animal terrestre a eu lieu en 2012, en Namibie, dans le parc du Spitzkoppe : j'étais parti faire des photos sur un gros rocher au soleil levant et au retour, je me suis aperçu que j'avais posé le pied à 20 cm d'une vipère cornue ! Heureusement, la température n'était que de 2 ou 3 °C, la vipère était donc toute engourdie par le froid mais elle avait les yeux bien ouverts ! Je ne suis pas retourné la voir de près, je l'ai observé de loin au téléobjectif...

La suite de nos aventures dans l'article intitulé «Panique en pleine eau !» à paraître prochainement sur ce blog... Et oui, c'est une trilogie, encore plus décalée que «Retour vers le futur» et carrément plus déconnectée que «Matrix» mais bien plus rapide à lire que «Le seigneur des anneaux» !

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