Le prix «Jules Hardouin-Mansart» est décerné à ...

Publié le 28-Février-2015, par Christophe.

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Orly ou pire encore, Roissy – Charles de Gaulle sont, pour moi, parmi les pires aérogares au monde. D'accord, je ne connais pas toutes les aérogares du monde mais je pense toutefois en avoir fréquenté plus que la moyenne des Français. A l'opposé, je considère que les aérogares de Schiphol aux Pays-Bas et d'Incheon en Corée du Sud sont ce qui se fait de mieux en la matière ! Mais alors pourquoi ?

D'abord, je voudrais préciser ce que j'attends d'une aérogare : prendre l'avion et avant de pouvoir monter dans un avion, attendre dans une salle d'embarquement quelques dizaines de minutes (ou quelques heures en cas de correspondance un peu longue) de la manière la plus confortable possible, c'est-à-dire au minimum assis sur un siège ou banc ! Potentiellement, il me faudra aussi manger, sans avoir à débourser des sommes faramineuses dans un repas gastronomique, ni devoir me contenter d'un hamburger de la restauration rapide ! D'ailleurs en parlant de mer...de, n'oublions que je pourrais aussi avoir besoin de passer aux toilettes dont la propreté se doit d'être irréprochable ! Et bien évidement, il me faudrait passer le plus rapidement possible les contrôles de sécurité, de douane et d'immigration (que l'on regroupe généralement sous l'appellation «douane» mais à ma connaissance, la douane ne s'occupe que des diverses marchandises transitant par les frontières ; les hommes sont contrôlés par la police de l'air et des frontières, la PAF).

Je tiens aussi à préciser que nous ne sommes plus au milieu du XXème siècle, à une époque où un Paris/New-York coûtait l'équivalent de 10.000 euros d'aujourd'hui et que seuls les membres de la «Jet-Set» (qu'on appellerait «People» aujourd'hui) se payaient le voyage qui se déroulait dans des conditions luxueuses ! Ils pouvaient donc s'acheter, comme ça, pour le plaisir, une montre Grolex ou un carré Herpès dans les boutiques de luxe jouxtant la salle d'embarquement. Aujourd'hui, il reste toujours cette manne «pipôlesque» mais en nombre de voyageurs, elle ne représente plus qu'une petite minorité (mais pas forcément du point de vue économique). Une grande partie des voyageurs d'aujourd'hui essaient de payer leur billet d'avion le moins cher possible en utilisant les compagnies low-cost ou charter : toute l'Europe (ainsi que Maroc et la Tunisie) est accessible pour moins de 50 euros (à conditions de voyager sans aucun bagage mais ça, c'est une autre histoire...). Quant aux restes des voyageurs (catégorie dans laquelle je me classe), ils peuvent certes se payer un aller-retour Paris/New-York dans une boîte de sardines volante à moins de 500 euros mais je ne les imagine pas, tout comme les passagers des compagnies low-cost et charter, acheter une Grolex juste avant d'embarquer (même en économisant les taxes, le prix d'une telle montre représente quand même presque 100 allers-retours Paris/New-York en classe économique ; après, je reconnais que les Terriens sont très illogiques, peut-être sont-ils capables de faire un Paris/New-York, juste pour profiter des boutiques de luxe en «duty free» des aéroports ?).

Mais pourquoi je parle de ça ? Parce que j'ai l'impression que les aéroports de Paris en sont toujours au milieu du XXème siècle (ou presque) : en dehors des boutiques de luxe, il n'y a pas grand-chose d'autre côté service ! Je suis peut-être un peu jusqu'au-boutiste : à Roissy, ils se sont quand même rendu compte que des voyageurs appartenant à la plèbe, traversaient leurs halls pour indigents où il n'y a rien du tout ! Si on cherche à manger, par exemple, dans les terminaux 2A à 2D de Roissy, on ne trouvait en 2009 que des fast-foods (et ça doit toujours être le cas) ! Je considère que c'est une véritable honte dans un pays qui aurait la meilleure gastronomie au monde (le conditionnel est de rigueur...) !

Autre problème des aérogares parisiennes : les salles d'embarquement où le nombre de places assises est très limité. Evitons de parler des toilettes et de la dame pipi qui grogne à l'entrée pour réclamer sa petite pièce. Je ne dis pas que cette piécette est imméritée (ou pas), je pense juste au pauvre passager étranger qui débarque sans la moindre petite pièce européenne en poche. Le plus petit billet qu'il peut avoir, s'il a changé avant son départ, est un billet de 5 euros : ça fait cher le pipi ! D'ailleurs, ça me fait aussi penser que les salles d'embarquement des terminaux 2A à 2D à Roissy n'avaient pas de toilettes en 2009 (je ne vois pas comment ils auraient pu résoudre ce problème depuis) : il fallait ressortir de la zone sécurisée et repasser le contrôle de sécurité, sous l'œil suspicieux d'agents de sécurité se prenant pour l'inspecteur Harry...

Quant au contrôle de l'immigration dans les aérogares parisiennes, il faut s'armer de patience : par exemple, en rentrant des Antilles, vers 5 ou 6 heures du matin, il n'y aura que deux policiers pour s'occuper du contrôle des 400 passagers du vol qui vient d'atterrir de Pointe-à-Pitre ou de Fort-de-France mais aussi des 1.000 autres passagers des autres vols qui ont atterri en même temps. Après une nuit difficile dans l'avion, cette longue attente est assez pénible... (Pour être franc, lors de notre dernier passage par Orly, ce n'était pas le cas, mais je mets ça sur le compte de l'exception qui confirme la règle).

Mais alors pourquoi je trouve que, par exemple, l'aérogare d'Incheon est particulièrement bien ? D'abord, il n'y a pas que moi puisque l'aérogare d'Incheon figure en seconde position du «World Airport Awards 2013» (Amsterdam Schiphol est en troisième position ; alors que Roissy est en 82ème position). Puis, il n'y a qu'à voir la taille des vastes salles d'embarquement de l'aérogare d'Incheon ainsi que le nombre de places assises sur des fauteuils confortables, sans oublier la présence de prises de courant pour recharger gratuitement ses appareils mobiles... D'ailleurs, en 2010, la Wifi gratuite était disponible dans toute l'aérogare (je suis très pingre pour l'accès internet «mobile» : soit c'est gratuit, soit je n'ai pas besoin d'internet), ce qui était parfait pour comparer les prix dans un magasin en France avec ceux des boutiques de l'aéroport (pour les «consommables» électroniques, bien évidemment ; Incheon possède malheureusement aussi beaucoup trop de boutiques de luxe, bien inutiles à mon avis...). Et pour attendre de manière intelligente le vol en correspondance, le ministère de la culture coréen proposait, gratuitement, des activités culturelles très intéressantes. Quant à la restauration, le choix est très varié et permet de manger sans se ruiner et sans avoir à avaler un infâme hamburger de la restauration rapide.

L'aéroport d'Amsterdam Schiphol propose aussi un grand choix de restaurants pour manger correctement et sainement, ainsi que des salles d'attentes confortables (il y a même des sièges devant les tapis de livraison des bagages, ce qui permet d'éviter l'effet troupeau d'ovins collés au tapis de livraison). Côté culturel : une annexe du Rijksmuseum, avec quelques tableaux de ce prestigieux musée, est située à côté d'un espace bibliothèque / repos où l'on trouve des prises de courant pour recharger gratuitement ses appareils mobiles. A noter que l'accès aux trains pour rejoindre la gare centrale d'Amsterdam se fait dans l'aérogare même (rien à voir avec l'accès au RER-B à Roissy qui est assez folklorique). Seul mais gros point noir d'Amsterdam : le passage de l'immigration pour accéder aux vols internationaux depuis la zone «Schengen», il prend un temps fou (ce qui peut poser de gros problèmes si le temps de correspondance entre un vol européen et un international est trop court)...

Salles d'embarquement avec des sièges en nombre suffisant et suffisamment confortables, toilettes gratuites et propres et contrôles de sécurité et d'immigration rapides : voilà ce que devrait fournir comme service minimum une aérogare ! Je sais, je me répète car je sais bien que si on questionne des Français à propos des services nécessaires dans une aérogare, les besoins en magasins d'alcool et de clopes en «duty free» vont ressortir en premier. Mais tant qu'à faire je préfère le Wifi gratuit aux «duty free» ! Quoiqu'il en soit, il faut croire que les aéroports parisiens (même avec la Wifi maintenant gratuite) ont privilégié l'aspect «Versailles» pour épater le touriste chinois : tout dans l'apparat à l'instar de la galerie des glaces (dont l'architecte est Jules Hardouin-Mansart ; Wikipedia est mon ami ;-)), en poussant le vice de gérer aussi les toilettes comme à Versailles à l'époque de Louis XIV (enfin presque, j'exagère un peu, beaucoup ;-))... Mais pour les gestionnaires d'ADP, le principal, c'est que le touriste chinois achète son carré Herpès avant de remonter dans l'avion ! Tant pis pour moi...

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