Tequila & cachaça !

Publié le 14-Février-2015, par Christophe.

BD tequila 1

BD tequila 2

BD tequila 3

Tiens, il y a longtemps que je n'ai pas parlé d'alcool (ou presque) ! J'ai déjà abordé le rhum agricole blanc, le pisco, la bière et le vin, passons donc à deux alcools distillés de l'autre côté de l'Atlantique, c'est-à-dire au Mexique pour la tequila et le Brésil pour la cachaça ! Bien évidemment, ces deux alcools sont à boire avec modération, avec beaucoup de modération même, et pensez à ne jamais de reprendre le volant après avoir bu ! Le but est de se faire plaisir, pas de mourir ou de tuer des gens dans un accident de la route !

Commençons donc pour la tequila qui est une eau de vie d'agave (normalement, il y a au moins 60 % d'alcool d'agave dans la tequila) que les Espagnols ont commencé à fabriquer en Nouvelle-Espagne au XVIIe siècle à l'aide du procédé de double distillation que les Arabes ont introduit en Espagne au VIIIe siècle (information provenant tout droit de Wikipedia). C'est assez amusant de penser que les alcools forts que l'on trouve aujourd'hui en Europe, doivent finalement leur existence au processus de distillation importé par les Arabes (le mot «alambic» vient de l'arabe). Si Charles Martel les avait arrêtés à Gibraltar, au lieu de Poitier, les Français n'auraient peut-être pas leur cognac ou calvados (et sans les Arabes, les Lorrains n'auraient pas leur alcool de mirabelle, ça me laisse songeur ;-) ; au fait, le mot «alcool» est aussi d'origine arabe, même si c'est un peu plus tiré par les cheveux, d'ailleurs, avoir mal aux cheveux est un symptôme de la gueule de bois, survenant après une consommation excessive d'alcool !).

Comme le rhum, on trouve principalement de la tequila blanche (issue directement de la distillation), dorée (coloré au caramel et vieilli un an en fûts de chêne) ou vieillie (au moins 3 ans en fût de chêne). On peut la consommer pure à petites gorgées (pour les bonnes) ou en cocktail (en évitant la «tequila paf» qui n'est qu'une méthode d'ivrognes). Le cocktail le plus connu à base de tequila est la Margarita : mélanger au shaker (et non pas à la cuillère) sept parts de tequila, quatre parts de Cointreau ou de Triple sec et trois parts de jus de citron ou de lime (ou jus d'autres fruits comme du melon). Ne pas oublier de passer le bord du verre dans du sel, bord que l'on aura préalablement frotté avec une tranche de citron. Et bien-sûr, n'oubliez pas les glaçons. Mais, ce cocktail est extrêmement traite, surtout si on commence par siroter le dessus avec un paille... Si Anne-Marie ne supporte pas le daïquiri qui la rend d'humeur chantante (il faut le dire), moi, c'est la Margarita... (je l'ai dit !)

Mais, le cocktail à base de tequila que nous préférons, car moins fort que la Margarita, est la «tequila sunrise» ! Dans un verre haut (important la hauteur du verre), verser une dose de tequila qui sera recouverte de 3 à 5 doses de jus d'orange, puis, verser tout doucement du sirop de grenadine qui glissera jusqu'au fond du verre, sans se mélanger au jus d'orange, en format un joli dégradé entre le rouge et l'orange, comme le lever du soleil. C'est délicieux, l'un de nos cocktails favoris car on peut le faire pas trop alcoolisé, tout en ressentant bien le goût de l'agave (les tequilas ne sont pas aussi alcoolisées que les rhums agricoles blancs) ! Et bien évidemment, avec le jus d'une orange pressée, c'est encore meilleur... On peut aussi faire des variantes avec d'autres jus de fruit comme du maracudja ou de la goyave.

Autre alcool qui nous permet de préparer un cocktail moins alcoolisé qu'un daïquiri mais aussi bon : la cachaça ! C'est une eau de vie de canne à sucre, élaborée au Brésil exactement comme le rhum agricole blanc aux Antilles Françaises, c'est-à-dire par distillation du jus de canne fermenté (alors que le rhum traditionnel que je préfère appeler rhum industriel, est distillé à partir des résidus de la fabrication du sucre). La différence avec le rhum agricole blanc est son degré d'alcool : seulement 35 ° alors que la plupart des rhums titrent plus de 50 ° !

Nous arrivons alors au cocktail que nous préférons ces derniers temps (ou exactement, en deuxième position derrière un ti'punch au Neisson, meilleur rhum agricole blanc du monde ; mais un ti'punch n'est pas vraiment un cocktail ?) : la caipirinha (prononcer «caïpirigna») ! Pour le préparer, il faut un grand verre bien solide, un pilon à cocktail, un citron vert (par verre), du sucre de canne en poudre, de la glace pilée et de la cachaça. Ensuite, c'est très simple : lavez et coupez le citron vert en petits morceaux en prenant soin au préalable de retirer la petite bande plus claire au cœur du citron qui donne de l'amertume, piler ces morceaux au fond du verre pour en extraire le jus (c'est pour ça que le verre doit être bien solide), laissez ces morceaux de citron vert au fond du verre, saupoudrer par-dessus deux ou trois petites cuillères de sucre de canne en poudre (selon votre goût), re-piler pour dissoudre le sucre dans le jus de citron, remplir le verre de glace pilée (ne pas tasser la glace, il faut laisser un peu de place pour le plus important) et recouvrir le tout de cachaça (jusqu'à raz bord du verre) ! Il n'y a plus qu'à ajouter une paille pour déguster ce délicieux cocktail. Sincèrement, il a presque le même goût qu'un daïquiri, sauf qu'il est moins traite que ce dernier puisque la cachaça est moins alcoolisée !

En guise de conclusion, n'oublions pas que le but de boire un alcool est bien de se faire plaisir par les qualités gustatives de l'alcool en question, pas de se saouler la tronche ou de s'arracher la gueule avec un alcool fort... La réputation de tequila est d'ailleurs souvent mise à mal par les ivrognes amateurs de «tequila paf», alors qu'une bonne tequila qu'on dégustera à petites gorgées, c'est vraiment délicieux ! Quant à une caipirinha, à siroter doucement au bord d'une piscine (en Costa Brava), c'est bien notre petit plaisir de ces dernières années... Bien mieux que de jouer aux boules avec un p'tit jaune à la main (horreur Beurk !, un alcool issu d'une simple distillation qui laisse passer les esters au mauvais goût qu'il faut masquer avec des épices comme l'anis). Heureusement que les Arabes sont restés un certain temps en Espagne, sans leur procédé de double distillation (et leurs techniques de navigation), Cristobal n'aurait jamais pu traverser l'Atlantique (et comment aurait-il pu embarquer des marins sur ses rafiots sans les saouler ?) et découvrir les Antilles, et ses successeurs, le Brésil, le Chili et le Mexique... Imaginez un monde sans rhum agricole blanc, pisco, tequila ou cachaça ? Quelle horreur !

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