Vas donc, eh banane !

Publié le 7-Novembre-2015, par Christophe.

BD banane tractée 1

BD banane tractée 2

BD banane tractée 3

Quand on ouvre les pages d'un catalogue de tour-opérateur, en particulier pour les séjours en hôtel-club, on trouve généralement le descriptif des activités proposées qui sont, pour moi, assez surréalistes : banane tractée, parachute ascensionnel, «zorbing» (ou ballule), hydro-surf, jet-ski, quad, «Segway», accro-branche, tyrolienne ou encore luge sur rail, etc, etc... La liste est bien longue et à part la plongée, la randonnée (à pied, en vélo, en raquette...) ou encore le canoë que je considère comme de véritables activités de découverte du pays visité, je n'arrive pas à comprendre quel est l'intérêt de faire une activité gratifiée du qualificatif «fun» (comprendre par «à sensations») à plusieurs milliers de kilomètres de chez soi ?

Tout d'abord, je ne suis pas naïf, je sais très bien à quoi servent ces activités : à faire gagner de l'argent à ceux qui les proposent, après tout, s'il y a des gens qui sont prêts à dépenser 100 euros pour une journée de «zorbing», pourquoi s'en priver. Non, la réelle question que je me pose est : pourquoi se rendre dans un pays étranger, à plusieurs milliers de kilomètres de chez soi et ne pas en profiter pour découvrir le pays et préférer se faire secouer le popotin toute une journée ? Bien sûr, cela est valable pour les Français se rendant à l'étranger mais aussi pour les étrangers, les Japonais par exemple, venant en France pour passer une journée à Eurodisney (alors qu'ils ont un parc Disney chez eux, au Japon) mais sans aller voir Carcassonne, par exemple ? Donc, pour essayer de comprendre, passons en revue ces activités qui me posent problème.

Et commençons par la dernière attraction à la mode : le «zorbing» ! Cela consiste à se glisser dans une énorme bulle en plastique gonflée et de dévaler une pente non-boisée. Grosso-modo, si je comprends bien, ça consiste à se subir l'équivalent d'un programme essorage dans une machine à laver et je n'en vois pas l'intérêt, sauf d'essayer de vomir son déjeuner... Mais, ce qui me gène encore plus dans cette activité, est le fait qu'il a, peut-être, fallu déboiser une pente (s'il s'agit de la reconversion d‘un ancien site industriel, par exemple une ancienne carrière, passe encore) ! Déjà que je trouve les stations de ski alpin sont loin d'être écologiques, car elles balafrent la montagne avec leurs pistes, leurs remontées mécaniques et leurs retenues d'eau pour fabriquer de la neige artificielle l'hiver, mais je pense sincèrement que le «zorbing» devrait être interdit si, pour le pratiquer, il a fallu défigurer la nature. Certains vont se demander de quoi je me mêle, que les propriétaires ont le droit de faire ce qu'ils veulent sur leur terrain ! Oui, ils ont le droit, sauf que les touristes ont aussi le droit de ne pas pratiquer une telle activité et ils ont le devoir de respecter la nature, même si l'impact carbone du «zorbing» est certainement minime par rapport au trajet en avion (mais si on coupe des arbres, ça ne va pas arranger le problème des émissions de CO²).

Autre activité qui devient de plus en plus tendance : Les pistes de ski «indoor», comme celle mondialement connu de Dubaï ! J'ai du mal à comprendre ces émirs du pétrole qui, d'après ce que j'ai pu lire dans des journaux, ont construit cette piste de ski «indoor» pour promouvoir le tourisme et s'assurer des ressources financières lorsque le pétrole viendra à manquer. Sauf que quand il n'y aura plus de pétrole, beaucoup moins d'avions devraient continuer de voler, donc beaucoup moins de touristes se rendront à Dubaï... De plus, sans pétrole, ces émirs n'auront plus d'énergie bon marché pour fabriquer de la neige artificielle par + 40 °C à l'ombre, à moins qu'il y ait une ou plusieurs centrales nucléaires car l'énergie éolienne ou solaire ne devrait pas suffire ! Quoiqu'il en soit, ces émirs peuvent faire ce qui veulent chez eux, mais franchement, je serais un touriste amateur de ski, qui aurait envie de skier en plein août, je prendrais plutôt un billet d'avion pour l'Argentine qu'un billet pour Dubaï ! Puis surtout, n'étant pas amateur de ski, je préfère attendre l'hiver pour faire des randonnées en raquette dans les Pyrénées...

Petit aparté : Cela me fait penser à la promesse de campagne, que j'ai trouvée totalement saugrenue, du maire de Toulouse élu en 2014 : la construction d'un complexe de sports extrêmes à Toulouse, avec une piste de ski «indoor» et une fosse de plongée ! C'est-à-dire, d'un côté, une température proche ou inférieure au 0 °C et de l'autre, une fosse de plongée où il serait agréable d'avoir une température de 28 / 29 °C : sympa l'écart de température, il va falloir trouver un système d'isolation révolutionnaire, ou gaspiller de l'énergie ! Puis, je suppose que l'esprit dérangé qui a glissé cette promesse dans le programme électoral du maire, ne sait pas lire une carte géographique : Toulouse est située à 100 km des Pyrénées où les stations de ski sont suffisamment nombreuses (mais, c'est vrai, il n'y a pas de neige en été sur les sommets) et à 100 km de la Méditerranée (ou un poil plus du bassin d'Arcachon) où il est possible de découvrir une vie sous-marine intéressante (mais c'est vrai, la température de l'eau, l'hiver, ne permet pas d'y plonger confortablement). Puis, les plongeurs ne vont pas plonger en fosse spécialement pour le plaisir, mais plutôt pour s'entraîner (l'hiver) à des exercices de remontée, pour éviter de le faire (l'été) en milieu naturel, au risque d'abîmer les fonds sous-marins (et il y a déjà une fosse de plongée à Toulouse). Heureusement, ce projet ne devrait pas se réaliser, ce n'est qu'une promesse électorale...

Autre activité qui nous a fait bien sourire (mais ensuite pleurer) en novembre 2014 : la plongée en casque lourd ! C'est bien que des gens s‘intéressent à la plongée, je ne vais pas dénigrer ça, mais l'utilisation de ces casques lourds pour découvrir l'espace subaquatique me semble aberrante car ces «plongeurs» doivent marcher sur le fond pour avancer : alors, soit ils avancent sur du sable mais ils ne vont pas voir vraiment plus de faune que quelqu'un avec un masque traditionnel en surface (sans scaphandre), ou soit, pour vraiment découvrir la multiplicité de la vie sous-marine, ils doivent marcher sur le corail et l'abîmer, ce qui est un aberration hors du commun ! En plus, en recherchant sur internet, j'ai découvert que pour éviter de trébucher (et donc de boire la tasse), certains exploitants de ces casques lourds équipent les fonds sous-marins de trottoirs en béton avec une balustrade pour s'y tenir : horreur, malheur !!! Franchement, pourquoi vouloir plonger avec de tels casques alors qu'un baptême en scaphandre automne (avec un masque, des palmes et une bouteille de plongée) permet découvrir les fonds sous-marins de manière plus approfondie (mais sans forcément descendre) et sans (trop) endommager le milieu naturel ? («sans trop» car dans certains clubs de plongée, c'est le business qui prime d'abord, bien avant l'environnement, même si leur business risque de s'arrêter si l'environnement est dégradé par leur business). On revient donc à la question cruciale : pourquoi défigurer la nature alors qu'on peut faire autrement ?

Troisième activité : le jet-ski. Ces machines sont de véritables monstres pour l'environnement ! Côté pollution atmosphérique : ils battent tous les records de pollution car leurs moteurs sont loin de respecter les normes anti-pollution qu'on impose aux voitures (le régime moteur n'arrêtant pas d'osciller lors des sauts dans les vagues, il est quasiment impossible de gérer le moteur pour polluer moins ; à titre informatif, le pourquoi du relativement faible niveau de pollution des véhicules hybrides réside dans le fait que ces systèmes permettent de faire constamment tourner le moteur thermique à son point de fonctionnement optimale, c'est à dire au régime moteur où il a le meilleur rendement). Et côté pollution sonore : on les entend de loin, au dessus de l'eau mais sous l'eau où ils font retentir un tintamarre assez insupportable ! En 2007, à la Réunion, pendant plusieurs jours, nous avions croisé un banc de dauphins en nous rendant sur les sites de plongée, jusqu'au samedi où les jet-ski, et autres scooters des mers, sont arrivés. Nous n'avons plus revu les dauphins ensuite... Donc, pour moi, ces engins ne rentrent que dans la catégorie «secoue-popotin» et en aucun cas dans la catégorie moyen de locomotion permettant la découverte d'un pays. J'en vois quelques uns tentés de me poser la question suivante : comment nous rendons-nous sur un site de plongée ? Bin, en bateau ;-) ! Pour développer un peu, nous utilisons souvent des anciens bateaux de pêche qui possèdent une grande hélice et un moteur qui tourne doucement et qui consomme très peu. Parfois, il s'agit de bateaux plus modernes, plus puissamment motorisés, mais là encore le régime moteur ne varie pas trop et, de toute façon, ces bateaux consomment peut-être autant qu'un (seul) jet-ski mais ce dernier ne transporte qu'un passager (voire deux au maximum), ce qui n'est pas le cas d'un bateau de plongée.

On ne va peut-être pas continuer pour toutes les activités mais il y en aurait encore tellement à dire. Le fond du problème de ces activités est généralement environnemental. Certes, je ne suis pas l'exemple parfait du protecteur de l'environnement car je voyage en avion mais au moins, je me donne comme bonne conscience, le fait que je vais découvrir un pays étranger ou une faune sous-marine différente de celle de Méditerranée ;-) et non pas pour pratiquer une activité que je pourrais faire à côté de chez moi, activité qui en plus, nécessite de détériorer l'environnement ! Bien évidement, je ne veux pas interdire à quiconque de faire ce qu'il a envie, mais à chacun de faire ce qui lui plait en mesurant bien les impacts environnementaux de ses choix !

PS : Je sais bien que cet article va révolter les «Zadistes» qui se veulent grands défenseurs de l'environnement. Dans un sens, je les comprends, mais je ne comprends pas le recours à la violence (surtout quand le travail des bulldozers est déjà fini), la destruction d'engins de chantier (empêcher une destruction par une autre aussi néfaste à l'environnement, semble un peu ridicule) et pourquoi le faire à visage masqué (oh, les jolis masques qu'on a vus à la télé, faits en écorce de bois, avec de la mousse pour faire les sourcils et la moustache, ils les ont préparé avec leur maîtresse au CP ? Et le petit agneau dans les bras d'un «Zadiste», c'était tellement mignon ;-) ; mon but n'est pas d'énerver les «Zadistes», c'est juste une remarque ironique pour montrer l'aspect parfois stupides des actions entreprises par les «Zadistes» qui répondent, certes, à d'autres actions peut-être encore plus stupides). Je sais bien que dans ces affaires, il doit y avoir des malversations, des pots de vins, des juges et des politiciens corrompus, ce qui révoltent les «Zadistes» mais il faut aussi comprendre le besoin légitime, pour un maire, d'avoir du travail sur sa commune et que certains de nos concitoyens (dont je fais bien évidemment partie) n'ont pas envie de passer leurs vacances à filer de la laine de mouton fraîchement tondue. Les «Zadistes» devraient surtout sensibiliser ceux qui veulent profiter d'une cascade artificielle et d'un lagon tropical, tout aussi artificiel, dans les Alpes où les températures passent sous les 0 °C en hiver (car sans client, ces projets n'auraient pas lieu d'être), plutôt qu'affronter les forces de l'ordre. Il existe bien d'autres moyens que la violence pour attirer les médias...

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