Entre lochs et loughs...

Publié le 29-Octobre-2016, par Christophe.

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Important : tout d'abord, avant toute chose, il convient de rappeler que l'alcool doit être consommé avec modération, c'est à dire pas plus d'un verre à la fois et surtout, pas plus de deux verres si vous devez conduire un véhicule automobile ensuite ! Notez aussi qu'avaler deux verres d'alcool tous les soirs n'est pas à proprement parler de la modération... D'accord, certains barbus habillés en noir de la tête au pied et ne buvant pas d'alcool, sont loin d'être modérés mais ce n'est la peine d'essayer de vous exploser le foie au nom d'une foi pour le couillon aux clous plantés dans les mains... Je dis ça, des fois que ça vous prenne ! Et si vous ne voulez qu'un doigt, ne faites pas n'importe quoi avec votre majeur, s'il vous plait !

D'un côté, c'est l'Ecosse, le whisky et les «lochs» et de l'autre, c'est l'Irlande, le whiskey et les «loughs» ! Whisky ou du whiskey, ça se prononce pareil, ça a grosso-modo la même couleur (celle du «Canada Dry» mais ce n'est pas du gingembre ;-)), mais ça n'a pas tout à fait le même goût et ça n'a pas tout a fait le même procédé de fabrication ! Alors quelles sont les différences entre le whisky écossais et le whiskey irlandais et quel est le meilleur de ces deux breuvages ? Puis, que viennent faire les Japonais et les Corses dans tout ça ? Oui, je vais oser parler des corses, aucune pression ne m'empêchera de parler du scandale du saucisson d'âne ! Deux secondes, s'il vous plaît, quelqu'un sonne à ma porte d'entrée... Je reprends après cette courte interruption et j'ai une déclaration importante à vous faire : je reconnais le droit du fier peuple Corse à être libre et indépendant, c'est pour ça qu'ils font eux-mêmes leur whisky (quant au saucisson d'âne, il n'est fabriqué qu'à partir de viande d'âne tué à coup de figues molles !). On en restera donc aux alcools écossais, irlandais et japonais !

Pour illustrer les différences entre le whisky écossais et le whiskey irlandais, le mieux est de prendre deux alcools diamétralement opposés, c'est à dire d'un côté, le Talisker, distillé sur l'île de Skye en Ecosse, et l'autre, le Bushmills, distillé aux portes de la ville éponyme en Irlande du Nord (ville située pas très loin de la Chaussée des géants). Il faut dire que ça tombe bien car ce sont les deux seules distilleries que nous avons visitées (à part celles de rhum dans les Antilles et celles de Pisco au Chili). Les «single malts» de ces deux distilleries (c'est-à-dire les whisky(e)s distillés à partir d'une même mixture, le malt fait d'orge germé, et non pas un assemblage de plusieurs alcools) ont des goûts vraiment très différents : l'un sent la tourbe alors que l'autre sent le bois ! D'accord, en disant ça, vous aurez tout de suite compris : je ne suis pas un œnologue averti car je suis incapable de mettre le moindre mot sur les odeurs et saveurs particulières que dégagent ces «single malt»...

Pourtant, c'est bien ce qui les diffèrent ! La tourbe entre partout dans l'élaboration du Talisker, l'orge germe sur de la tourbe, le malt est brassé avec de l'eau ayant traversé les tourbières, de la tourbe est utilisée pour chauffer les alambics en cuivre (dont la forme influe très fortement sur le goût de l'alcool). Quand on déguste une gorgée de Talisker, ce goût de tourbe est omniprésent (si on prend un autre «single malt» écossais comme le Cragganmore, ce goût de tourbe est moins fort). Par contre, les irlandais de Bushmills font presque tout l'inverse en optant pour une triple distillation afin de supprimer tout goût à l'alcool et surtout éviter d'avoir le moindre goût de tourbe (si on distillait un rhum trois fois, pour supprimer le goût de la canne, je crierais au scandale...). Le Bushmills prend donc ses lettres de noblesse par le biais d'un savant choix de barriques de chêne dans lesquelles le whiskey va vieillir (et s'évaporer en grande partie au cours des années : c'est la part des anges) ! Ces barriques proviennent du monde entier : des Etats-Unis (des anciennes barriques de Bourbon), de Madère (des anciennes barriques du vin éponyme), d'Andalousie (des anciennes barriques de Sherry, ou autrement nommé, Jerez), des Caraïbes (des anciennes barriques de rhum qui sont aussi d'anciennes barriques de Madère ou de Sherry). Notons quand même que le Talisker vieillit lui aussi en barriques ayant servies au Madère ou au Sherry (et que les anges se servent aussi au passage)...

Au final, on a donc deux alcools aux goûts très différents, alors qu'ils proviennent tous les deux de malt d'orge, mais dont on sait reconnaître qu'il s'agit de whisk(e)y. Quant à savoir lequel est le meilleur, ça, c'est à chacun de voir, tout comme le fait de mettre ou pas des glaçons pour les déguster (personnellement, je préfère sans glaçon ; au fait, ces «single malt» ne se consomment pas avec du coca-cola, ça serait une hérésie) ! Le goût du Talisker est vraiment très surprenant, le goût de tourbe peut être rédibitoire pour certains (mais je l'aime bien). Le Bushmills est peut-être plus conventionnel mais le 12 ans d'âge est extraordinaire. Mais je dois avouer que le whisky que nous consommons le plus à l'apéritif (c'est à dire un verre par mois dans le meilleur des cas) est le «Black Bush», un whisky d'assemblage élaboré par Bushmills, qui a l'avantage d'être meilleur marché que les «single malts» précités (dont nous consommons un verre, en digestif, qu'une ou deux fois par an).

PS : Au fait, j'ai dit que j'allais parler de whisky japonais ! Oui, les Japonais fabriquent aussi du whisky, du haut de gamme détrônant au palmarès mondial les whiskies écossais, au bas de gamme comme le Suntory qui se consomme pourtant agréablement en highball : 5 cl de whisky, des glaçons et du tonic (c'est à dire du Schweppes), avec parfois une rondelle de citron (c'est bien meilleur qu'un whisky-coca, le tonic ne dénature pas – trop – le goût du whisky). Par contre, le Miyagikyo, un «single malt» japonais (un moyen de gamme), au goût légèrement tourbé comme les whiskies écossais, ne se consomme pas en highball (tout comme le Talisker et le Bushmills 12 ans d'âge) mais, je sais que je vais scandaliser les puristes (et les irlandais), un highball avec du «Black Bush», ce n'est vraiment pas mauvais du tout (forcément, plus le whisky est bon, meilleur est le highball) !

Post-PS : Il y a une mafia corse autour de Toulouse, vous ne pouvez pas savoir ! Et ils surveillent tout, du ciel (avec des avions bourrés de caméras et autres capteurs) au fond des piscines municipales (avec des appareils photos) !

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