L’aventure urbaine...

Publié le 7-Mars-2020, par Christophe.

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Il existe de multiples façons de visiter une ville : en transport en commun, à pied, en vélo, en scooter, en taxi, en voiture, en bus touristique décapotable ou pas, en individuel, en groupe, avec ou sans guide, en tour organisé ou pas, etc... Bien évidemment, ce qui sera forcément la conclusion de cet article, c’est à chacun de voir à sa manière, selon ses envies, ses impératifs ou ses besoins... Mais, même si vous vous foutez forcément de mon avis (d’accord, je n’ai toujours pas compris pourquoi des milliers de personnes suivent certains bloggeurs qu’on dit influenceurs, même quand ils racontent des conneries du genre «il faut absolument faire ceci ou cela pour être dans la tendance» alors que ma réponse sera toujours du style «Chacun fait, fait, fait c’qui lui plaît, plaît, plaît...» ou «La vérité est ailleurs !», sauf quand je tiens à dénoncer des comportements ou des idées inadmissibles, comme le fait de porter un maillot de foot bariolé sur une site historique ou, pire, de croire que les USA sont un pays de liberté...), je vais le donner de manière argumentée par des exemples concrets (contrairement aux influenceurs qui ne sont, pour la plupart, que des hommes ou des femmes sandwich, c'est-à-dire des panneaux publicitaires stupides ; je vais me faire un tas d’amis dans le monde des influenceurs, mais ce n’est pas grave car «je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre »... ; au fait, mes chers et rares lecteurs ne doivent pas oublier que le but principal de ce blog est de donner à manger à Google pour le référencement de mes carnets de voyage).

Tout d’abord, commençons par le principal point négatif d’une excursion organisée (en bus ou en voiture avec chauffeur) avec un guide : ce tour a certainement été conçu par des résidents de la ville, ou du pays, qui ont mis en avant ce qu’ils considèrent comme sortant de leur ordinaire, mais qui est peut-être ordinaire pour vous, alors que leur ordinaire est peut-être extraordinaire pour vous (vous avez tout compris ?) ! Prenons, un exemple assez simple avec les grottes de Lourdes ou les statues du Christ rédempteur. Le premier exemple fait bien évidemment penser à la ville catholique située dans les Pyrénées françaises. Pourtant, il existe à travers le monde, de multiples répliques pourries (si, si, osons le dire car même l’originale ne casse pas trois pattes à un canard) de cette grotte. Par exemple, il y en a une en Louisiane, à la Nouvelle-Ibérie, et même une sur l’île de Bonaire dans les Antilles Néerlandaises. Sincèrement, il n’y a aucun intérêt à perdre du temps en visitant ces grottes de Lourdes, pourtant mis en avant par les offices du tourisme. Quant au second exemple, si aller au pied de la statue de Rio de Janeiro présente un intérêt certain car il s’agit d’un magnifique belvédère pour contempler la baie de Rio, je ne suis pas certain que ce soit le cas des autres statues similaires disséminées à travers le monde (car bien évidemment, on ne pourra pas contempler la baie de Rio depuis Lisbonne, mais on pourra y voir le pont de San Francisco ;-)). A contrario, passer devant une boulangerie à Aqaba en Jordanie, alors que le boulanger est en train de faire cuire son pain au dessus d’un drôle de four, aurait un intérêt certain pour quelqu’un ne résidant pas en Jordanie ! Et pourtant, les guides proposent rarement d’aller voir une boulangerie.

L’avantage d’un tour organisé est qu’il permet de se focaliser sur les points d’intérêt (en général, les monuments historiques comprenant bien évidemment les éventuelles répliques de la grotte de Lourdes) de la ville et de les faire sans perdre de temps dans les transports en commun. Tout est organisé indéniablement de manière quasi-optimale mais, parfois, justement de manière trop optimale afin que les touristes aient du temps à passer dans des magasins de souvenirs où le guide aura sa petite commission, ou au restaurant où, même si le repas est compris dans le prix de l’excursion, les boissons supplémentaires ne le sont pas. C’est vraiment là que je trouve ce système de visite organisée vraiment exténuant car les guides de ces excursions peuvent alors vous presser sur les sites touristiques, et vous laisser de longues heures dans un magasin vendant des articles que jamais vous n’achèterez (genre une statuette de pierre de 50 kg ou un bijou en or et pierres précieuses coûtant plus que le prix de votre voyage, sans oublier la collection de chapeaux coniques que vous ne porterez jamais...). Ce n’est heureusement pas le cas de toutes les excursions organisées mais il faut bien analyser leurs programmes pour savoir combien de temps on passe sur les sites touristiques. De toute façon, nous bannissons le plus possible les tours organisés en groupe : ils permettent peut-être de faire des selfies à la con (tiens, dans mon introduction, j’ai oublié les selfies, cette pratique honteuse de la photographie) mais ils permettent rarement de prendre son temps pour essayer de faire de belles photos.

Je vais passer rapidement sur les bateaux mouches et autres engins touristiques maritimes car l’expérience dans ces promène-touristes nous manque. Certes, dans l’eau, ils avancent au ralenti, ce qui est un avantage certain par rapport à un bus. De plus, sur ces engins, on n’est pas forcément coincé derrière une vitre, contrairement à un bus, et pour les photos, ça peut être très intéressant. Mais ces bateaux ne passent pas partout, vu qu’ils doivent voguer sur l’eau ;-) : une visite d’une ville qui se limiterait à un balade sur un de ces engins serait forcément biaisée. Puis, de toute façon, cela reste une excursion organisée avec tout le mal que j’en pense.

L’option que nous privilégions donc la plupart du temps pour visiter une ville est : la marche à pied, sans guide, ce que nous appelons la randonnée urbaine ! Certes, on ne va pas vite, on traverse parfois des quartiers sans intérêt touristique, sauf pour découvrir la vie des autochtones. Par exemple, traverser Manhattan à pied, de l’«Empire state building» au «World Trade center» (disons son emplacement quand il existait encore), permet de passer entre les quartiers de «Little Italy» et de «China town». En 1991, la séparation quasi-brutale d’univers entre ces deux quartiers était assez fascinante ! La randonnée urbaine permet aussi de voir l’autre côté du miroir. Par exemple, emprunter à pied la 42ème rue, entre le 7ème avenue (grosso-modo «Time square») et le terminal de bus de la 8ème avenue, était en 1991 très flippant : on passait alors des mirages de «Time square» où tout brille, à un aspect peu reluisant de la société américaine, avec ses «peep show» et autres bars glauques. Cet aspect caché mais bien réel des USA, loin du rêve américain, ne devrait pourtant pas être négligé par les touristes visitant ce pays... Mais ce n’est pourtant pas ce que recherchent les touristes et j’avoue que je me serai bien passé de voir tous ces paumés traîner dans cette 42ème rue... Touristiquement parlant, j’ai perdu inutilement du temps en traversant cette rue à pied (mais je devais me rendre au terminal de bus pour vérifier les horaires des navettes pour l’aéroport). Avec un tour organisé, je n’aurai pas eu à traverser cette rue, mais pourtant, c’était une expérience inoubliable que l’on ne peut pas découvrir autrement qu’à pied !

A la Nouvelle-Orléans en 2016 et à Pékin en 2018, nous avons essayé la visite guidée à pied. En Louisiane, c’était un groupe assez conséquent avec un guide anglophone et à Pékin, nous n’étions que 5 avec une guide francophone. Et il faut avouer que dans les deux cas, c’était assez intéressant car ces guides ont affaire à des personnes sachant marcher bien plus de 100 m autour d’un bus, ce qui permet déjà de sélectionner une tranche de la population qui ne considère pas qu’un centre commercial est le seul endroit où l’on ait le droit de déambuler, et en plus, ces guides doivent un minimum capter l’attention de leur public qui n’est pas captif : si ce qu’ils racontaient n’avait aucun intérêt pour nous, à tous moments, nous aurions pu leur dire au revoir, sans avoir à attendre qu’un bus nous ramène quelque part ! D’ailleurs, lors de la visite de la Nouvelle-Orléans, le groupe s’est étiolé au fur et à mesure, nous n’étions plus qu’une dizaine à la fin de la visite qui était alors plus de plus intéressante.

Le vélo est une solution viable pour visiter une ville : il permet d’aller plus vite qu’à pied et il permet aussi de s’arrêter (presque) n’importe où ! On est juste un peu prisonnier de ce moyen de locomotion s’il y a des risques de vol. Il faudra donc oublier les visites de musée ou autres lieux touristiques qui ne permettent pas de laisser son vélo dans un endroit sûr. Autre petit inconvénient du vélo : ce n’est pas trop confortable de pédaler avec un sac à dos bien lourd. Certes, on peut utiliser le porte-bagages mais sur les vélos de location, la disponibilité de cet accessoire n’est pas vraiment systématique. Bien évidemment, l’utilisation d’un vélo dépend énormément de la topographie de la ville visitée. Si à Lisbonne, entre les collines et les rues pavées potentiellement glissantes, l’utilisation d’une bicyclette, ou même d’un VTT, n’est pas très aisée, à Séville ou à la Nouvelle-Orléans, l’utilisation du vélo s’y prête cependant bien. Même à San Francisco, la balade en vélo jusqu’au «Golden gate bridge», en suivant les rives de la baie, était bien sympathique. En revanche, je ne me verrai pas pédaler à New-York à cause de la circulation automobile, ni même à Pékin où nous avons évité de pédaler bien que l’utilisation des deux-roues soit répandue dans la capitale chinoise...

La voiture (en étant soi-même conducteur) : pour moi, c’est niet ! Déjà, je suis respectueux des règles, y compris et surtout celles de stationnement, interdit ou payant. Hors de question pour moi d’abandonner une voiture sur un trottoir ! Puis, en voyage, ça doit être chiant d’aller chercher sa voiture à la fourrière (je n’ose même pas imaginer le niveau d’anglais que pourrait avoir un employé de la fourrière chinois ou japonais) ou d’essayer de savoir comment régler un PV de stationnement. Et franchement, je ne me vois vraiment pas conduire une voiture dans une mégalopole saturée comme Tokyo. C’est un coup à abandonner son sang-froid dans ce pays où cela ne se fait pas du tout. Et encore, je n’ai même pas évoqué la conduite artistique que peuvent adopter certains autochtones, comme les Péruviens ou les Chinois... Franchement, vouloir visiter une ville que l’on ne connaît pas en voiture est vraiment le moyen de perdre sa journée dans des bouchons dans le meilleur des cas, ou à l’hôpital dans le pire des cas ! Quant aux deux roues motorisés, type scooter, nous ne les avons jamais utilisés pour visiter une ville : trop de risque d’accident de la circulation ! (Et de toute façon, nous maudissons ceux qui louent des scooters thermiques aux Saintes en Guadeloupe car ces engins font trop de bruit...)

Transport en commun : je ne suis pas un grand adepte des transports en commun car être pressé comme des sardines dans une rame de métro est vraiment une expérience que je déteste. Et je dirais qu’il y a même pire : être pressé comme des sardines dans un bus qui ne parcoure même pas 100 mètres entre chaque arrêt où montent et descendent des tas de passagers qui finissent immanquablement par vous coincer au fond du bus alors que vous arrivez près de votre arrêt (et n’oublions pas les potentiels pickpockets qui peuvent profiter de la situation pour commettre leurs larcins) ! A la rigueur, avec la courtoisie japonaise, ça peut passer mais peu de pays dans le monde sont à la hauteur du Japon sur ce point. Cependant, il faut admettre qu’un métro au réseau bien conçu, comme à Pékin, c'est-à-dire rapide car ne s’arrêtant pas tous les 500 mètres, avec des rames larges pour éviter d’être comprimé comme des sardines même en dehors des heures de pointe, et permettant d’atteindre facilement n’importe quel quartier de la ville, est un moyen de locomotion à ne pas négliger pour visiter une ville dont les points d’intérêt sont distants les uns des autres. Un réseau de tramway circulant sur des voies spécifiques non partagées avec les automobilistes (c'est-à-dire ne subissant pas les bouchons) peut aussi être un avantage certain lors de la visite d’une ville. Mais, quoi qu’il en soit, je préfère marcher 30 minutes plutôt qu’attendre 10 minutes (debout) à un arrêt de bus ou de tramway et de faire ensuite 10 minutes de bus ou de tramway. Généralement, je ne compte emprunter les transports en commun que lorsqu’ils me font vraiment gagner du temps par rapport à la marche... Il y a bien évidement quelques exceptions qui confirment cette règle, difficile de visiter Venise sans emprunter un vaporetto (de toute façon, pour rejoindre les îles de Murano ou de Burano, difficile d’y aller à pied), difficile de parcourir les collines de Lisbonne sans emprunter un de ses vieux tramways, idem pour San Francisco et son «cable car» ou encore Valparaiso et ses funiculaires... Certaines villes possèdent des transports en commun incontournables mais, même si on emprunte une fois le «cable car» à San Francisco pour le fun, il faut vraiment être masochiste pour faire deux heures de file d’attente pour prendre une seconde fois ce transport en commun historique.

En conclusion, tout dépend ce que l’on recherche lors de la visite d’une ville ! Pour un premier aperçu rapide (et indubitablement bâclée), certaines excursions organisées peuvent tout à fait avoir un intérêt mais libre à chacun d’approfondir ensuite son expérience de la ville, en parcourant ses ruelles à pied, ou en vélo ! Cependant, pour réussir ses visites de ville, il y a quelques règles élémentaires à respecter : 1- avoir de bonnes chaussures pour être capable de marcher au moins 5 km par jour (même si nous marchons facilement plus de 10 km par jour lors de nos randonnées urbaines), 2- bannir de tout programme de visite d’une ville, le shopping dans des magasins de marques internationales (à l’exception des magasins d’électronique au Japon) ! Les visites de marchés artisanaux où sont vendus des produits fabriqués localement, sont cependant autorisées et les visites de marchés alimentaires sont même fortement recommandées, voire obligatoires, et 3- ne pas faire de photos depuis un bus touristique qui file à 50 km/h, et encore moins derrière les vitres de ce véhicule (il n’y pas de secret : la qualité optique des vitres peut sûrement rivaliser avec les culs de bouteille, couverts de poussières, qui servent d’objectifs photo aux smartphones, mais pas avec un vrai appareil photo, et je ne parle pas forcément d’un appareil Reflex). On peut se demander ce que vient faire cette dernière règle photographique ? Tout simplement à éviter de se contenter d’une excursion organisée en bus si on veut faire des belles photos (et non pas des selfies) !

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