Souvenirs, souvenirs...

Publié le 3-Mars-2012, par Christophe.

BD souvenirs 1

BD souvenirs 2

BD souvenirs 3

Girafe en bois d'un mètre cinquante de haut, sombrero d'un mètre de diamètre (Non, pas taper, j'ai juste choisi le sombrero au hasard ;-)), bouquet de fleurs exotiques d'un mètre vingt de long, ukulélé... Des touristes ramènent parfois des choses très encombrantes de voyage et bien sûr, ces objets ne sont pas mis en soute et saturent les coffres à bagages de la cabine des aéronefs. Coffres aussi encombrés par les articles achetés en «duty free» : les cartouches de cigarette et les bouteilles de pastis, etc... Il faut croire qu'on ne nous limite à un bagage à main que pour avoir une main de libre pour le sac de produits achetés en «duty free». Ca serait encore une bouteille de rhum, je comprendrais, mais acheter une bouteille de pastis au «duty free» alors qu'on revient des Antilles, c'est de mauvais goût tout de même !

Alors, vous allez en faire quoi de votre ukulélé ? Logiquement, il finira au grenier après un laps de temps compris entre six mois et cinq ans, après avoir pris la poussière sur une étagère. S'il est offert à des amis ou des parents, il y a fort à parier qu'il rejoindra encore plus vite le grenier ou carrément la poubelle. Si c'est pour un enfant, l'ukulélé fera plaisir au gamin pendant deux semaines, le temps que les oreilles des parents dépassent la dose admissible, et après confiscation, l'ukulélé rejoindra sa place définitive au grenier. L'argument «grenier» ne vous convainc pas ? Dommage, c'est pourtant la réalité !

Le super souvenir artisanal, il est fabriqué où ? A Taiwan ou en Chine ? Je ne sais pas ce que vous en pensez mais, personnellement, je trouve que ça ne le fait pas d'acheter un souvenir «artisanal» fabriqué à Taiwan. Vous allez juste faire attention pour l'achat de vos prochains souvenirs ? Vous avez raison mais vous auriez pu prendre une meilleure résolution !

Quelle est votre motivation pour acheter ces souvenirs ? Lors d'un de nos voyages en Afrique Australe, nous avons côtoyé un couple très peu motivé par la contemplation des lions et des éléphants, ce qui me semblait être le but premier du voyage (mais je suis un extra-terrestre, je l'avoue). Grosso modo, ils ne sont revenus à la vie que le dernier jour du voyage, quand enfin, après trois semaines et quelques de voyage, nous nous sommes rapprochés d'un marché artisanal, c'est-à-dire un marché de souvenirs artisanaux pour occidentaux. Le soir, alors que nous faisions un peu la tronche car il nous fallait abandonner la contemplation des lions pour revenir à celle de nos écrans d'ordinateur, eux, ils resplendissaient de bonheur et vérifiaient qu'ils avaient bien un souvenir pour chaque membre de leur grande famille. Ils n'auraient dû prendre que le billet d'avion et une nuit d'hôtel à côté du marché plutôt que se faire chi...er pendant 3 semaines à regarder des lions et des éléphants ? Ca leur aurait coûté moins cher et ils n'auraient pas perdu de temps. Ils auraient même pu faire mieux : acheter leurs souvenirs par internet, ça leur aurait fait économiser deux billets d'avion et une nuit d'hôtel.

Pourquoi ne pas faire comme nous ? Nous sommes si parfaits (non, pas de problème de chevilles ;-)). Nous ne ramenons pratiquement aucun souvenir parce que :

1- Les souvenirs, ce sont surtout ceux que nous avons en tête, comme les bons moments du voyage (avec les photos qui nous aident à nous rappeler de ces moments magiques).

2- Nos sacs sont déjà pleins à l'aller (et au retour) avec le matériel de plongée ou de randonnée, le pied photo, etc... Ramener des souvenirs nous est quasiment impossible ou, tout au moins, il faut que ceux-ci soient petits, peu fragiles et de toute façon, en nombre très limités.

3- Nous préférons nous payer un billet d'avion pour un nouveau voyage que des souvenirs onéreux. Parfois nous sommes effarés par le prix de certains articles vendus dans des magasins de souvenirs en Amérique du Nord (en plus, souvent très kitchs). Au passage, que dire des magasins de luxe en «duty free» : qui se paye une montre «Grolex» en partant en voyage ? Je suis certainement un extra-terrestre à tendance Marxiste-Léniniste car je ne comprends pas pourquoi il y a autant de magasins de luxe dans les aéroports.

Il existe bien un moyen pour éviter d'entasser dans le garage ou le grenier des souvenirs pleins de poussière : ramener des produits alimentaires (autre que la bouteille de pastis et en faisant attention aux contrôles sanitaires aux frontières). Au retour de voyage, on peut ainsi faire un repas convivial avec des amis avec qui on partagera les produits ramenés. En plus, ça fait des cobayes de choix pour subir le diaporama des photos du voyage ;-).

Le souci est de ne pas ramener n'importe quoi. Par exemple, les «doudoues» du marché aux épices de Pointe-à-Pitre sont prêtes à vendre toutes les épices de leurs étals, mais qui a une réelle utilité du bois bandé ? Nous ramenons des épices à colombo parce que nous cuisinons assez souvent ce plat mais je ne crois pas que ce soit le cas de tout le monde. Autre souci : vous croyez ramener de la vanille Bourbon de l'île de la Réunion mais, en fait, c'est de la vanille de Madagascar ! Ce n'est pas vraiment un problème de ramener de la vanille de Madagascar d'un voyage sur l'île de la Réunion, il faut juste que le vendeur n'ait pas menti sur provenance du produit et surtout sur le prix qui n'est pas le même (pour info, cette vanille se garde très bien au congélateur).

Pour les bouteilles d'alcool (local) : la plupart des français ne boivent que du pastis à l'apéro. Vos invités ne seront pas tentés par l'ouzo que vous avez ramené de Grèce. Faites donc attention avant d'en ramener un carton de 6 bouteilles (chez nous, nous n'avons pas de pastis dans notre bar, nos invités sont obligés de faire de nouvelles expériences ;-)). N'oubliez pas qu'une bouteille en verre, c'est fragile, c'est assez lourd et que vous ne pourrez pratiquement pas passer les contrôles de sécurité avec du liquide dans votre bagage à main (surtout en cas de correspondance, même si la bouteille a été achetée en «duty free»).

Avant de ramener du whisky single malt d'Ecosse, regardez avant le départ dans votre supermarché le prix de la bouteille : l'alcool étant tellement taxé au Royaume Uni que la bouteille est bien moins chère en France qu'à la distillerie sur place. Cela est vrai pour n'importe quel produit acheté à l'étranger : renseignez vous sur les prix avant le départ (ou par internet) ! En 1999, j'ai voulu m'acheter un petit GPS de randonnée, tout simple. On allait passer par San Francisco avec son quartier chinois et ses magasins d'électronique. Avant de partir, je me suis renseigné, j'avais même pris les pages des catalogues et j'ai bien fait car le vendeur américain me répétait que je faisais une super affaire alors que le prix qu'il me proposait était trop cher ! Lorsque le vendeur s'est aperçu que je savais réellement combien ça coûtait, il a stoppé net les négociations. Nous sommes ressortis du magasin sans rien acheter mais avec le sentiment de plaisir de ne pas s'être fait avoir !

On doit certainement trouver des appareils électroniques bien moins chers aux Etats-Unis qu'en France, surtout si on ne paye pas les taxes douanières comme le font beaucoup de personnes. Il reste pourtant un problème de taille que beaucoup sous-estiment : le douanier ! A Orly, beaucoup de vols arrivent en même temps, il y a peu de chance d'être contrôlé. Mais à Toulouse ? Quand on revient de l'étranger ou des DOMs, même avec une correspondance par Paris, il faut récupérer ses bagages sur un tapis spécial, sous douane, où peu de personnes vont les récupérer. Le pourcentage de chance de se faire contrôler par les deux ou trois douaniers en faction est donc élevé. De plus, il faut rejouer à la roulette douanière à chaque voyage ! Le risque de se prendre une amende plutôt salée est très élevé (c'est arrivé à un copain), même pour un appareil acheté quelques années auparavant à l'étranger et non dédouané. Je ne joue donc pas à ce jeu. Au passage, nous n'essayons pas non plus de ramener 10 litres de rhum des Antilles, ça reviendrait trop cher en excédent bagage car nous n'avons jamais trop de place dans nos bagages, et côté douane, il semble que ce ne soit pas autorisé.

En conclusion, j'espère vous avoir dégouté d'acheter des souvenirs ! Comme ça, j'aurais de la place pour ranger précieusement mon appareil photo (acheté en France - ça c'est pour les douaniers de Toulouse) dans les coffres à bagages de l'avion. C'est totalement égocentrique, je l'assume ! Je sais bien que cet article est complètement inutile : je vais être lu par une centaine de personnes tout au plus, 98 % de ces lecteurs ne suivront pas ces excellents conseils et les 2 restants, ayant le même problème que nous, n'ont donc pas besoin d'être persuadés ! Mais, le moteur de recherche de Google ne saura pas que cet article n'a aucun sens, et un jour, je trouverais peut-être que quelqu'un a lu cet article en cherchant à se procurer un ukulélé et ça me fera rire ! Donc, au moins, cet article a un intérêt : celui de me divertir !

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