Les bananaphobes !

Article n° 187, publié le 2-Octobre-2021, par Christophe.

BD les bananaphobes - 1

BD les bananaphobes - 2

BD les bananaphobes - 3

Cavendish, frécinette, red... Ce sont différentes variétés de bananes que j'aime beaucoup ! Ce fruit est très bon pour la santé car la banane est riche en fibres, en minéraux (magnésium, potassium, manganèse) et en vitamines C, B6, B9, etc... De plus, elle contient du tryptophane, un précurseur de la mélatonine (pour bien dormir) et de la sérotonine (l'hormone du bien-être) ! Mais pourquoi des bananaphobes veulent interdire l'importation de cet exquis fruit exotique ? D'après eux, il ne faut pas en consommer car ce n'est pas un produit local ! Difficile de les contredire sur ce fait, mais précisons : les défenseurs quelques peu extrêmes de l'environnement, ne veulent pas en manger car un kilo de bananes représenterait un dégagement CO2 équivalent à 4 kilomètres parcourus en voiture, alors que bon nombre de quidams vivant dans notre pays n'hésitent pas à faire bien plus de 4 km en voiture pour aller acheter une baguette de pain ou un paquet de cigarettes... D'accord, ce statut kilométrique des acheteurs de baguette de pain ou de cigarettes est loin d'être un bon argument pour le pro-banane que je suis, mais la banane est-elle vraiment si nocive que ça pour l'environnement en termes d'émissions de CO2, c'est-à-dire bien plus nocive que des produits locaux comme le pain ou des tomates ? Bien évidemment, si on compte se nourrir exclusivement de bananes au fin fond de la Creuse (ce qui donnerait un régime de bananes un peu surprenant), c'est une autre histoire, mais pour celui qui en consomme une douzaine par an, qu'en est-il vraiment ?

Tout d'abord, établissons précisément, autant que possible, le bilan CO2 d'un kilo de bananes : 4 km en voiture, à raison de 112 g de CO2 en moyenne pour les voitures neuves roulant en France, ça ferait donc 448 grammes de CO2 pour un kilo de bananes. J'ai cherché sur internet et je n'ai trouvé que peu d'informations pour confirmer cela car personne ne semble vraiment s'être penché sur la question. Les quelques résultats trouvés varient du simple au presque triple, entre 324 g et 1,124 kg de CO2 par kilo de bananes ! Et contrairement à ceux qui poussent des cris d'orfraie dès que l'on parle du moindre gramme de CO2, je trouve que ces chiffres ne sont pas si horribles que ça, car la culture de ce fruit est principalement manuelle (parfois, des moyens aériens sont utilisés pour répandre des pesticides, mais la culture de la banane ne nécessite pas l'utilisation d'énormes moissonneuses batteuses ou d'autres engins de travaux agricoles comme pour la culture du blé) et son transport en containers, même réfrigérés, transportés sur d'énormes portes-containers, ne fait pas flamber ses émissions de CO2 (en tous cas, bien moins que les dernières consoles de jeu vidéo fabriquées en Chine car, à coup de 20 tonnes de bananes par container, la quantité de CO2 émise pour son transport, ramenée au kilo de bananes, n'est pas très élevée). Et en plus, un kilo de bananes, ça fait quand même 5 à 6 bananes, de quoi se faire plaisir pour un semestre, au moins ! A noter aussi que manger un kilo de bananes est meilleur pour la santé que rester des heures à jouer sur une console de jeu...

Mais au fait, quels produits locaux mangent les bananaphobes ? Du pain ? Quel est le bilan carbone d'une belle tranche de pain ? D'après la très sérieuse ADEME, un kilo de blé dur, en culture traditionnelle, représente 728 g de CO2 ! C'est certainement principalement dû au fait qu'un tracteur ou une moissonneuse-batteuse, ça tutute sérieux en diesel... Avec un kilo de blé, on peut fabriquer 750 g de farine (moulue dans une minoterie utilisant bien évidemment de l'énergie électrique, éolienne ou hydraulique) auquel on ajoute 450 grammes d'eau, 20 g de sel et de la levure pour fabriquer du pain. Ces ingrédients sont passés dans un pétrin (électrique) pour obtenir 1,2 kg de pâte que l'on fait ensuite cuire dans un four (électrique) pour obtenir presque 5 baguettes. Donc, si on considère que l'énergie de la minoterie et l'électricité du pétrin et du four sont entièrement décarbonées (ce qui est un doux rêve, mais soyons extrêmes comme le sont les bananaphobes), pour 140 g de pain cuit, soit environ 170 g de pâte crue (environ 50 % de l'eau est perdue pendant la cuisson), on obtient alors avec une règle de trois, une émission d’au moins 100 g de CO2, alors qu'une belle banane Cavendish, mangée crue, de 140 g de pulpe (200 grammes avec la peau) représente entre 65 g et 225 g de CO2. Sincèrement, la banane peut conserver la pêche face à la tartine de pain !

Faut-il continuer la démonstration avec la tomate ? En culture traditionnelle, sous abri, elle représente 2,2 kg de CO2 par kilo de tomates d'après l'ADEME, soit 308 g de CO2 pour 140 g de tomates (140 g est bien évidemment le poids d'une belle banane)... Au passage, l'ADEME donne aussi les chiffres pour un kilo de mangues, autre fruit exotique dans le viseur des bananaphobes, mais je préfère ne pas en parler car le risque de voir ces personnes adopter un régime exclusif à base de mangues est grand :-$... Je sais, la banane, c'est aussi la chlordécone, un très vilain pesticide qui ne traverserait pas la peau des bananes mais qui est catastrophique pour les terres polluées par ce produit, des sacs plastiques pour protéger les régimes sur les bananiers, et après transport, le mûrissement accéléré à l’éthylène, gaz que les fruits produisent tout de même naturellement en mûrissant (et c'est un gaz qui se dégrade rapidement aux ultra-violets)... Cependant il existe une production bio qui est plus cher mais qui fait travailler beaucoup de personnes comme par exemple, dans les Antilles Françaises. En conclusion, vous n'avez aucune excuse pour snober les bananes, en tous cas, pas celle des émissions de CO2, à moins que vous ayez le temps de cultiver votre blé, de le moudre et de cuire votre propre pain ! Mais dans ce cas, pourquoi lisez-vous cet article sur internet, en utilisant des serveurs informatiques énergivores ?

PS : Au fait, des marins disent que la banane a le même goût dans un sens et dans l'autre et qu'elle serait donc l'aliment recommandé en cas de forte mer... Mais ces propos discriminatoires et blasphématoires doivent venir de marins bretons qui n'ont jamais navigué dans les eaux antillaises et n'ont donc jamais goûté une vraie banane mûrie sur pied !

Post-PS : Et franchement, si on laissait faire les bananaphobes, on ne pourrait plus se préparer de bonnes bananes flambées (au rhum, bien évidemment) :

Ingrédients pour deux personnes :

- 2 bananes des Antilles, bien mûres (mais pas complétement pourries),

- 3 ou 4 noisettes sur-vitaminées de beurre (beurres de Normandie et beurre d’Isigny AOP acceptés, faut pas être extrémiste),

- du jus d'un citron vert (citrus aurantiifolia de préférence),

- une bonne vingtaine de gouttes d'extrait de vanille (vanilla pompona grandiflora),

- une cuillère à café rase de cannelle moulue (écorce de cinnamomum verum),

- deux cuillères à soupe de sucre de canne en poudre (attention, c'est très important, pas de sucre de betterave, on prépare un dessert antillais, pas une gaufre fourrée lilloise),

- 10 cl de rhum agricole blanc guadeloupéen, martiniquais ou guyanais (ça ne marche pas avec du rhum d'une autre provenance ;-)),

- une allumette ou un briquet (rechargeable, bien évidemment, pour préserver l'environnement).

Préparation :

1- Dans une poêle (bien évidemment chaude), faites fondre le beurre.

2- Faites alors revenir dans le beurre les bananes épluchées (c'est bien moins bon avec la peau).

3- Dès que les bananes commencent légèrement à dorer, versez le jus de citron vert et l'extrait de vanille sur les bananes.

4- Saupoudrez les bananes avec la cannelle.

5- Versez le sucre en poudre, remuez un peu pour que le caramel se forme.

6- Retournez délicatement les bananes dans ce caramel.

7- Sortez la poêle du feu, versez le rhum et faites flamber (manuel d'utilisation de l'allumette ou du briquet non fourni).

8- Commencez la dégustation lorsque les flammes se sont éteintes !

(pas de suggestion de présentation)

Si vous vous êtes loupés lors des étapes 7 et 8, composez le 112 ! A ce propos, l'auteur de cet article se déclare irresponsable en cas de brûlures ou d'incendies survenus lors de la réalisation de cette recette (étapes 1 à 8). L'auteur tient à aussi à prévenir ses lecteurs quant à la consommation de beurre, de sucre (évitez de manger trop salé, trop sucré ou trop gras, bien que cette recette n'utilise pas de sel) et d'alcool (l'alcool, même le rhum, est dangereux pour la santé : la preuve, tous les pirates, grands amateurs de rhum, ayant sévi dans les Antilles au XVIIème siècle sont morts depuis ; au fait, X en chiffre romain signifie 10, V signifie 5, et I signifie 1, et 10 + 5 + 1 + 1, ça fait 17). L’article fait aussi mention de briquet, donc toute personne désirant réaliser cette recette est priée de lire au préalable la norme ISO 22702:2018 ! Et puisqu’on en est là, il faudrait peut-être aussi parler des dangers de la cigarette ? Non... Mais avant de nous quitter, n'oubliez pas que la banane fait parti des 5 fruits et légumes qu'il est conseillé de manger par jour.

Là, je pense que tout est dit, donc Kenavo (aux marins bretons) !

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