Dis-moi comment tu voyages ?

Publié le 15-Décembre-2012, par Christophe.

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BD voyage 3

Voyage : terme très général car chacun a son idée du voyage. Du voyage pour raison professionnelle (je n'aime pas trop voyager pour raison professionnelle car je suis alors loin d'Anne-Marie) au voyage d'agrément, ça fait déjà beaucoup de différences. Et même, si on se borne au voyage d'agrément, on n'est pas encore sorti du pétrin ! Nous avons notre idée du voyage, vous avez votre idée. Nous pensons peut-être que votre voyage n'en était pas un, pour certaines raisons, mais d'autres peuvent penser que nos voyages n'en sont pas, parce que nous n'avons pas traversé la Mongolie à cheval (mais 700 km en canoë sur le Yukon, ça peut aller ?) ou parce nous n'avons pas vu de danses traditionnelles en Irlande ou pour des tas d'autres raisons. Je ne veux pas critiquer qui que ce soit, je veux juste expliquer ce qu'est un voyage pour nous ou ce qui n'en est pas un.

A partir de quelle distance de chez soi commence-t-on un voyage ? Pour certains, 100 km, c'est déjà le bout du monde. Pour d'autres, il faut traverser la France, aller jusqu'en Espagne, traverser la Méditerranée, l'Atlantique... En fait, je pense que la distance ne joue pas beaucoup dans la définition d'un voyage : notre week-end long à Amsterdam en 2009, c'était déjà un voyage, même si au début on ne le voyait pas comme ça. Mais Amsterdam, c'était déjà des habitudes alimentaires différentes, une architecture différente, bref, le dépaysement ! D'un autre côté, quand nous allons plonger à l'Estartit, en Catalogne, nous ne considérons pas ça comme un voyage. Il y a pourtant bien un certain dépaysement, les tapas, l'huile d'olive, etc... C'était peut-être vrai la première fois que nous y sommes allés, mais maintenant que nous y allons tous les ans, c'est devenu la routine, les «patatas bravas» font même parties de nos habitudes alimentaires !

Nous allons aussi régulièrement en Guadeloupe et pourtant, nous considérons toujours que c'est un voyage ! Il faut prendre l'avion, donc, il faut réserver le billet avant et donc, préparer le voyage. Généralement, avant d'acheter un billet d'avion, nous nous renseignons sur la destination. Si nécessaire, nous achetons un guide de voyage (même si au final, il ne sert pas vraiment car nous avons choisi une autre destination). Nous regardons ce que nous voulons faire, voir, visiter, etc... Même si, pour un voyage en Guadeloupe ou en Martinique, la préparation ne nous prend pas trop longtemps, nous la faisons quand même, histoire de savoir au moins où nous allons plonger en recontactant les clubs.

Que penser d'un séjour en «All Inclusive» sous les tropiques ? D'abord pour nous, passer une semaine à ne strictement rien faire, au bord d'une piscine, à 7.000 km de la maison, c'est impossible ! Je comprends qu'on ait envie de se reposer (ça nous arrive aussi) mais pourquoi s'ennuyer à monter dans un avion, à rester assis pendant 8 heures dans cette boîte de conserve pour regarder des films pas terribles sur un écran de piètre qualité ? Puis, il ne faut pas oublier qu'au retour, il faudra rattraper 4 ou 5 heures de décalage horaire, juste histoire de faire la soupe à la grimace quand le réveil sonnera le matin pour aller au travail ! Dans ces conditions, s'est-on réellement reposé ? Si c'est pour ne rien faire, alors autant rester chez soi (à proximité de l'ordinateur ? Très mauvaise idée ! Disons, à 300 km de l'ordinateur ;-)). Pour nous, clairement, ces séjours «farniente» ne sont pas des voyages : il n'y a aucune photo intéressante à montrer au retour ! Puis, quel serait le récit d'un tel voyage : «à 13h25, j'examine le carreau n° 325 de la piscine, à 13h26, j'examine le carreau n° 326 de la piscine, à 13h27, j'examine le carreau n° 327 de la piscine, il est fêlé...» Passionnant, non ? Puis, même s'il est possible de lire des livres pendant un tel séjour, la critique du dernier Dan Brown, histoire de raconter quelque chose, est pliée en 4 mots : «pas de nouvelle idée !».

Et si on fait du sport pendant le séjour en «All Inclusive» ? Je ne veux pas dire que certains sports sont moins passionnants que d'autres, mais jouer au tennis sous les tropiques, je trouve ça, un peu (vous ne m'en voudrez pas ?) stupide ! Il avait quoi de dépaysant votre court de tennis «tropical», avec ses lignes blanches, son filet au milieu et son grillage autour ? Oui, c'était presque le même que celui où vous allez le week-end ou le soir, à côté de chez vous. La plongée et la randonnée : bien évidemment, je pense qu'on peut les associer au voyage (sauf le baptême de plongée dans la piscine de l'hôtel) parce que ces sports s'associent à la découverte de la population, de la faune, de la flore ou des paysages de la destination, éléments qui me semblent nécessaires au voyage ! L'avantage avec la plongée, c'est que l'on peut retourner plusieurs fois au même endroit, il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir : la faune sous-marine, ça change tout le temps, ce n'est pas figé dans le temps, c'est toujours un grand plaisir de redécouvrir certains spots de plongée !

Mais, euh... Il y avait des soirées folkloriques à l'hôtel ? Vous avez donc découvert les danses et les costumes traditionnelles du pays... Je vous arrête là ! Savez-vous comment s'habille l'autochtone dans la rue ? Certainement en T-shirt et jeans fabriqués en Chine comme une grande partie de la population mondiale. Vous n'avez pas trouvé bizarre qu'un des danseurs africains ait des grosses baskets «Nique» au pied ? Et la danseuse avec un short en lycra sous son pagne, c'est authentique ? Vous avez vu un spectacle, incontestablement basé sur de vraies danses traditionnelles, mais surtout spécialement monté pour divertir le touriste, comme ceux de Disney. Le «Jack Sparrow» que l'on peut voir dans la parade chez Disney est presque aussi authentique que votre danseur traditionnel africain. Le seul avantage de tels spectacles, c'est que ça fait vivre l'économie locale, en espérant que les danseurs soient correctement rémunérés.

Et visiter le «village africain», ça compte ? Est-ce que vous laisseriez un grand nombre de touristes venir visiter votre maison ? Si la réponse est non, je crois qu'il en est de même pour la majorité des habitants sur la planète. Ces «villages africains» où les tours opérateurs amènent en grand nombre les touristes, sont donc forcément des parcs d'attraction en modèle réduit. Et franchement, je me vois mal débarquer d'un car avec une vingtaine d'autres touristes pour regarder des Africains «vivre», car c'est comme aller au zoo ! On n'y jette pas des cacahouètes aux chimpanzés, mais des bonbons ou des stylos aux enfants... Ce genre de visites me rend extrêmement mal à l'aise !

Le shopping dans le bazar à côté de l'hôtel ? C'est l'activité préférée d'un grand nombre de touristes mais ce n'est pas vraiment la découverte de la population locale : il n'y a qu'à regarder qui achètent dans ces marchés ! Allez, pour vous réconforter, on va dire que c'est un premier pas vers la rencontre avec l'autochtone et surtout, que ça fait tourner l'économie locale (au moins, les importateurs locaux de produits en provenance de Chine).

Vous avez découvert les alcools locaux ? Oui, c'est une bonne chose (seulement si cela a été fait avec modération) mais si vous n'avez fait que ça, ce n'était peut-être pas la peine de faire tant d'avion. D'accord, vous avez fait tourner l'économie locale, c'est indéniable, les brasseurs ou distilleries du pays se souviendront de votre passage. Les pharmaciens aussi, leur stock d'aspirine a diminué de moitié pour guérir vos gueules de bois. Mais vous n'avez strictement rien fait de vos journées : au lit à 5 heures du matin, ce n'est que vers 14 heures que vous vous êtes levés, un steak-frite vous a fait office de petit-déjeuner, puis vous avez errés au bord de la piscine en buvant du «Taureau Rouge» avant de retourner vous saouler au bar à partir de 10 heures du soir ! En plus, vous vous êtes saoulés la gueule entre potes, peut-être en chambrant le groupe d'Anglais qui squattait aussi dans le bar, chouette séjour...

En conclusion : un voyage, ça ne se choisit pas dans le catalogue d'une agence de voyage comme n'importe quel produit. Un voyage, il faut d'abord le préparer parce tout le monde n'a pas les mêmes points d'intérêt. Au restaurant, vous laissez le serveur choisir le menu à votre place ? Non ? Et bien, c'est pareil avec un voyage ! Il faut d'abord se documenter un minimum sur la destination, pour savoir ce qu'il y a à voir, à visiter, à faire, etc... Au passage, renseignez-vous aussi sur les statistiques météo (même si la météorologie est très loin d'être une science exacte). Ce n'est qu'après cette préparation que vous pourrez enfin, éventuellement, regarder les catalogues des agences pour choisir en toute connaissance de cause (vous pouvez aussi contacter une agence pour un circuit personnalisé ou l'organiser par vous-même). Une fois arrivé à destination, vous allez avoir quelques surprises les premiers jours : et oui, tous les habitants de la Terre n'ont pas les même us et coutumes que les Français, en particulier pour la nourriture. Généralement, dans nos carnets de voyage, les récits des premiers jours sont plus longs que les autres jours, c'est uniquement parce ceux-ci sont généralement riches en découvertes, même minimes. Et ça, c'est bien le début du dépaysement ! Et sans dépaysement, pas de voyage !

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