Pisco, que esta ?

Publié le 14-Septembre-2013, par Christophe.

BD pisco 1

BD pisco 2

BD pisco 3

Comme d'habitude : l'alcool est à boire avec beaucoup de modération, surtout si vous devez prendre le volant après.

Après le rhum agricole blanc, je vais disserter sur un alcool assez méconnu en France, même si Tardi en fait boire à son héroïne Adèle Blanc-Sec ou Hergé à Tintin et au capitaine Haddock dans «Le Temple du soleil», et pourtant délicieux (ce qu'en pense aussi le capitaine Haddock) : le pisco ! Il gagne pourtant à être connu car la plupart des piscos sont bien meilleurs que certains whiskys ou autres vodkas de grande consommation. Au passage, si j'avais pu choisir mes sujets de dissertation au lycée, j'aurais eu des meilleures notes et mes profs auraient appris des choses, plutôt que de découvrir que je ne pensais pas grand chose sur «De la démocratie en Amérique» de (cet emplâtré de) Tocqueville (d'accord, à l'époque je ne connaissais ni le rhum, ni le pisco, je n'aurais pu rédiger aucune ligne sur ces deux alcools).

Il faut savoir que deux pays revendiquent cet alcool : le Pérou où se situe la ville de Pisco dont serait originaire cet alcool et le Chili qui le distille massivement dans la vallée de l'Elqui. Je ne connais absolument pas la production péruvienne car forcément au Chili, l'alcool péruvien est boudé au profit de la production nationale et dans les magasins à Toulouse, je n'ai trouvé que du pisco chilien (et en dehors des magasins, notre principal fournisseur est au Chili). Donc, je vais rester dans la limite de mes maigres connaissances, je ne vais parler que du pisco chilien.

Pour élaborer leur alcool national, les chiliens prennent du muscat (le cépage), ou «moscatel» dans le texte, ayant muri tout l'été sous le soleil austral abondant (la teneur en sucre est donc importante). Les grappes entières sont alors mises à fermenter puis le résultat de fermentation est distillé. Comme pour le rhum agricole blanc, toute la grappe du raisin est utilisée directement, pas le reste d'une production quelconque de vin, le pisco ainsi fabriqué a alors beaucoup de goût. Cette eau-de-vie titre entre 30 et 45 ° d'alcool mais en fait, il s'agit de la même distillation, le taux d'alcool est juste diminué par adjonction d'eau distillée.

Au Chili (et en France), on trouve principalement du pisco «CAPEL», coopérative qui distille un alcool de médiocre qualité (au passage, éviter d'acheter du pisco dans une bouteille en forme de statue de l'île de Pâques, c'est purement un attrape-touriste car c'est du «CAPEL»). Cependant, «CAPEL» possède aussi des petites distilleries comme «Los Artesanos del Cochiguaz» qui produisent des alcools de meilleure qualité. Les différentes marques de pisco commercialisent aussi des alcools hauts de gamme, généralement distillés plusieurs fois mais il faut s'y connaitre un peu. Notez que la mention «cuvée spéciale ou réservée» n'est pas spécialement un gage de qualité car le «CAPEL» de base est déjà «cuvée réservée».

Pour continuer, un bon pisco se consomme pur, comme un cognac. Mais n'ayant pas spécialement goût aux alcools forts, nous le préparons souvent comme un ti'punch, c'est-à-dire avec une larme de sucre de canne liquide et un zeste de citron vert (les puristes vont crier au scandale mais tant pis). Le cocktail le plus connu à base de pisco est l'excellant «pisco sour» : du jus de citron vert (normalement des tous petits comme Chili mais qui sont introuvables en France), du sucre glace, un blanc d'œuf et on remue tout ça au checker avec des glaçons. A noter que certaines recettes rajoutent d'autres alcools mais cette recette basique donne déjà un cocktail vraiment très bon, il se boit tout seul (sauf qu'il titre toujours dans les 30 ° ou plus).

Il existe aussi de mauvais cocktails à base de pisco, comme le piscola : du Coca-Cola et du pisco :-$. Le Coca-Cola a quand même un goût très particulier et ne se marie vraiment pas bien avec le pisco (même du «CAPEL»). Autre spécialité à base de pisco : le mono de cola, la «queue de singe», pas de Coca-Cola mais du café et de la crème. Personnellement, je n'aime pas beaucoup.

Voilà, j'espère que vous avez découvert cet alcool sud-américain et que quand vous verrez une bouteille de pisco dans une boutique, vous oserez l'acheter pour le goûter, il n'y a pas que le «petit jaune» dans la vie (je sais que c'est le symbole national français mais quand même, ça n'empêche pas de connaître les productions étrangères).

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