Voyage de groupe...

Publié le 18-Septembre-2011, par Christophe.

BD Voyage de groupe 1

BD Voyage de groupe 2

BD Voyage de groupe 3

C'est certain, lorsqu'on a peur, on se regroupe comme un troupeau de brebis. C'est l'instinct grégaire que l'homme du XXIème siècle n'a pas perdu. C'est vrai que nous-mêmes, nous utilisons les voyages de groupe (avec beaucoup de modération) lorsque nous voulons visiter un pays dont nous ne connaissons pas la langue, dont les us et coutumes nous sont complètement inconnus ou quand nous voulons pratiquer une activité particulière (canoë, voile, parfois plongée ou randonnée). Mais nous considérons que le voyage de groupe apporte généralement plus d'inconvénients que d'avantages.

Forcément dans un groupe, lors d'un voyage, tout le monde n'a pas les mêmes centres d'intérêt, en particulier pour la photo. Certains se contentent d'une photo quelque soit les conditions, alors que nous faisons attention à ce qu'il n'y ait pas trop de monde devant le sujet de la photo et que les conditions d'éclairage soient les meilleures possible. Si en individuel, il est possible d'attendre le passage de nuages capricieux, cet exercice devient beaucoup plus difficile en voyage de groupe (attendre une heure n'est pas forcément au programme du guide et nous le comprenons parfaitement).

En voyage de groupe, le contact avec l'autochtone est plus difficile car on a tendance à se réfugier derrière le guide. Et un voyage qui ne sert qu'à apprendre que les impôts locaux de Pau sont hors de prix, est un voyage gâché ! En individuel, on est obligé d'avoir des contacts avec l'autochtone pour manger, boire et dormir.

Les relations humaines sont toujours aléatoires : voyager en groupe veut dire cohabiter avec d'autres personnes, parfois assez insupportables ! Il est alors difficile d'échapper à ces personnes. Et comme l'avait affiché un de mes proviseurs de lycée devant sa porte : «quelque soit le moyen de sélection, la proportion de cons est toujours la même», les voyages en groupe n'échappent pas à cette règle (Brassens a aussi chanté «le pluriel ne vaut rien à l'homme, et sitôt qu'on est plus de quatre, on est une bande de cons...»).

Par expérience, lors de nos 11 voyages en groupe (petits groupes de maximum 20 personnes pour des voyages sortant des sentiers battus), nous avons quand même croisés 17 «enquiquineurs» (1 personne sur 10 en moyenne) de toutes catégories :

• Le «parigot» : celui qui a tout fait, tout vu et qui sait tout ! C'est surtout celui qui est capable de raconter ses exploits en canoë sur une improbable rivière tumultueuse et une heure plus tard, de se mettre tout droit debout dans un canoë, expédiant de ce fait à la baille tout le contenu du dit canoë, lui y compris ! Tous les parisiens (banlieusards y compris) ne sont pas des «parigots», mais par expérience, cette catégorie d'individu habite généralement Paris ou sa banlieue.

• Le «tire-au-flanc» : lors de voyages sportifs, il est parfois demandé au groupe de participer à la préparation des repas, à la vaisselle, etc... Le ou la «tire-au-flanc» profite alors de la moindre occasion pour se soustraire de ses obligations, laissant les autres se taper tout le travail.

• Le «petit caïd» : venant de tous milieux et de tous horizons, âgé entre 40 et 60 ans, il agit comme un petit chef, essayant de plier le groupe à ses volontés et ses caprices. On pourrait penser que si deux «petits caïds» sont présents dans le groupe, chacun resterait tranquillement dans son coin, laissant ainsi la paix aux autres membres du groupe. Il n'en est malheureusement rien ! Comme une meute de chiens enragés, ils se flairent pour savoir qui prendra la direction de la meute. On se retrouve alors avec un «petit caïd» à la tête de ses courtisans (avec le fidèle vassal, le bouffon, et tout et tout), voulant dicter sa volonté au le reste du groupe.

Le «parigot» est généralement seul, il devient vite, à ses dépens, la tête de turc du groupe. Le «tire-au-flanc» est plus difficile à supporter mais il peut facilement être ignoré (attention, un «parigot» peut aussi être un «tire-au-flanc»). Quant au «petit caïd», si le groupe est petit ou que ses courtisans sont nombreux, ça devient vite l'enfer et il est alors impossible de prendre le maquis pour rentrer en résistance.

Comment éviter le voyage de groupe ? D'abord, l'école étant obligatoire jusqu'à 16 ans, une grande partie de la population française est censée avoir appris quelques rudiments en anglais ou en espagnol (tant pis pour ceux qui ont pris allemand en première langue). Ces rudiments linguistiques sont généralement suffisants pour demander à boire, manger et dormir dans des pays anglophones ou hispanophones. N'oublions pas au passage qu'un pays francophone ne posera aucun problème linguistique. Second point : une fois que l'on peut solliciter l'autochtone pour manger, boire et dormir, faut-il encore que cela ne soit pas trop éloigné de ce que l'on a l'habitude de consommer (en sachant quand même éviter le «Mc Quick» et ne pas réclamer une côte de bœuf tous les midis ; mais je pense au Japon en particulier que nous aimerions bien visiter mais où avons peur de ne manger que du «Mc Quick» sans, malheureusement, oser la cuisine locale) et que l'autochtone soit quelque peu conciliant avec vous (sans aller jusqu'au cirage de pompe comme savent si bien le faire les Américains, mais ce n'est pour ça que ce soit un pays parfaitement recommandable). Partir en individuel, ça veut aussi dire être capable de se véhiculer par soi-même en toute sécurité (la Jordanie pourrait être un pays très facile à visiter en individuel, elle doit certainement l'être, sauf que côté code de la route, les bandes blanches ne semblent être qu'une décoration au milieu de la route) ou d'utiliser un réseau de transport en commun efficace.

Voici donc une liste de pays où il est parfaitement possible de voyager en individuel :

1- Très, très facile : on y parle français et les us et coutumes sont proches des nôtres.

• Québec : on y parle français (ou presque), nourriture occidentale avec de nombreuses racines européennes (seul risque important : la poutine), très bon réseau de gîtes du passant ou de campings très bien équipés (et spacieux). Aucun danger derrière le volant (beaucoup moins qu'en Europe). C'est le pays rêvé pour un premier voyage.

• Îles des Antilles Françaises et île de la Réunion : c'est purement et simplement la France (des tropiques), rien d'autre à dire ! Vous ne partez quand même pas en voyage de groupe à Argelès-sur-Mer ? Accueil en gîte remarquable. L'entretien des routes sous ces latitudes est difficile (en plus, il s'agit de routes de montagne), il convient de faire attention au volant (mais le réseau routier s'est considérablement amélioré au cours de ces 10 dernière années).

2- Très facile : on y parle anglais ou espagnol et les us et coutumes sont proches des nôtres.

• Tout le reste du Canada : mêmes remarques que pour le Québec, mais il faut parler anglais. Pour tout ce qui est information officielle, c'est systématiquement traduit en Français qui est l'une des deux langues officielles du Canada.

• Espagne, Ecosse, Grèce, Croatie, Pays-Bas, Italie : c'est l'Europe, rien d'autre à dire. Le hic est peut-être la conduite d'un véhicule pour la Grèce et l'Italie (la conduite y est très artistique). Autre bémol pour l'Italie : il faut quand même connaître deux ou trois mots d'italien. On mange mieux en Italie qu'en Ecosse (plus varié, dirons nous, car on mange bien en Ecosse, même le haggis est bien meilleur qu'une poutine) mais l'Ecosse offre des paysages époustouflants !

• Argentine et Chili : sachant que, très approximativement, la moitié de la population de ces deux pays d'Amérique du sud a des racines européennes (France, Italie, Espagne), on peut avoir la (faible) chance de tomber sur quelqu'un parlant français mais il est préférable de parler quelques mots d'espagnol (très peu suffisent). Nourriture avec de très nombreuses racines européennes, petites pensions de famille à profusion, aucun danger derrière le volant (sauf lors du passage du «Dakar»).

• Yucatan (Mexique) : anglais ou espagnol nécessaire, mais superbe accueil (et bon marché). Pas de problème avec la nourriture (on pense que c'est épicé, mais ce n'est pas le cas). Attention toutefois au volant, surtout dans les villes (peu de voiture en dehors des villes).

3- Facile : on y parle anglais mais les us et coutumes peuvent paraître un peu étrange

• USA : c'est peut-être que c'est la destination rêvée des Français, mais celle-ci n'est pas sans danger, surtout dans les grande villes comme Los Angeles (pourquoi faut-il prendre sa voiture de nuit pour se rendre au restaurant à 100 m de l'hôtel ? Réponse : pour ne pas se faire braquer !). Les Américains ne sont pas faciles à comprendre, c'est loin d'être évident. Par contre, aucun problème d'insécurité sur les routes, au volant d'une voiture.

• Afrique du sud, Namibie : cela semble être des destinations tout à fait faisable par soi-même. Nous l'avons fait en groupe mais nous n'avons pas relevé de difficulté majeure pour visiter ces pays par soi-même, avec un 4x4 et une tente sur le toit de ce véhicule (campings bien aménagés), nous le ferons certainement très bientôt.

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