Mystère et grain de raisin !

Publié le 17-Mai-2014, par Christophe.

BD Vin 1

BD Vin 2

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Attention : l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, même si l'absorption d'un verre de vin par jour pourrait avoir quelques vertus bénéfiques pour la santé (mais il est clair que l'absorption de plus d'une bouteille par jour l'est beaucoup moins ; puis, certains vins que je vais citer dans cet article titrent un peu, beaucoup...). Quoiqu'il en soit, n'oubliez jamais : ne prenez pas le volant après l'absorption trop importante d'alcool, pensez aux autres usagers de la route que vous pourriez blesser dans un accident car soyons clairs, ça pourrait être nous (c'est à dire Anne-Marie ou moi) et notre santé nous importe beaucoup plus que votre cirrhose ;-) !

Abordons (avant d'absorber) un sujet assez difficile à traiter car je vais parler du vin. Quand on parle de vin à un Français, par chauvinisme, il n'y a qu'en France que l'on produit de bons vins. Je dirais pourtant que ce n'est plus tout à fait le cas (parce que, par exemple, des grands groupes viticoles français ont investi dans des vignobles étrangers, n'hésitant pas à y envoyer leurs maîtres de chais pour y apporter le savoir-faire français) car de nombreux pays produisent aujourd'hui des vins de bonne qualité (mais aussi des picrates, tout comme la France : la mixture rouge qui tache, goût banane-cerise-Rhône Poulenc, le «Beaujolais nouveau», est appelé «vin» n'en déplaise aux œnologues français). Alors, quels sont donc ces vins étrangers qui ont ravi nos papilles ? Commençons d'abord par une mise au point : quand je parle de «bon» vin, il s'agit évidement de bouteilles aux prix raisonnables, pas de «Mouton Rothschild» du siècle dernier à quelques milliers d'euros la bouteille. Au prix que je juge raisonnable, il s'agit donc de bouteilles de deux ou trois, voire cinq ans d'âge au maximum. Les œnologues avertis pourront donc crier au scandale, que je ne compare pas les mêmes vins (de garde) mais quand on commande une bouteille de vin au restaurant, c'est pour la boire pendant le repas, pas pour l'emmener chez soi pour la garder dans sa cave (ni pour en recracher son contenu) !

Je vais donc commencer par l'Italie qui offre aujourd'hui plusieurs vins de qualité. Le «Chianti», ça vous fait penser à des bouteilles au très long goulot avec le panier tressé ? Ca, c'est pour le folklore des pizzerias en France mais le «Chianti», ça peut-être aussi un vin de bonne qualité, embouteillé dans des bouteilles très sérieuses (les mêmes que le «Bordeaux»). A la cave coopérative de «Greve in Chianti» en Toscane, nous avons gouté quelques «Chianti Classico» vraiment pas mauvais du tout (détail amusant de cette cave : on met de l'argent sur une «wine card» qui permet ensuite de goûter tous les vins de la coopérative que l'on veut, bien sûr dans la limite du crédit déposé sur la carte, grâce à des distributeurs automatiques qui pompent le vin dans les bouteilles disposées debout devant le distributeur). A noter que la Toscane produit aussi un vin blanc très fruité que nous avons apprécié : le «Vernaccia di San Gimignano». Nous avons même gouté un sorbet parfumé à ce vin, c'était vraiment très bon !

Lors de notre dernier voyage en Italie (à Rome), nous avons fait quelques repas accompagné d'excellents «Sauvignons» blancs (du Piémont, italien, bien évidement)... Ah oui, une différence de taille: si en France, les vins sont généralement référencés par rapport à leur terroir, à l'étranger, c'est plus souvent le nom du (ou des) cépage(s) qui est mis en valeur sur la bouteille. Pour moi, ce n'est pas gênant, c'est juste un autre référentiel à utiliser. De toute façon, que l'on indique le cépage ou le terroir, deux bouteilles de «Chardonnay» de producteurs différents ne se vaudront pas forcément mais c'est aussi le cas pour un terroir, comme par exemple avec le «Buzet», terroir du sud-ouest de la France : entre un «Baron d'Ardeuil», rouge (cela va sans dire), et un «Baron d'Albret», l'un est meilleur que l'autre (bien que celui n'ayant pas ma préférence - mais je ne dis pas lequel - ne soit pas mauvais tout de même). Parfois, le cépage peut même se révéler plus utile, par exemple, un «Sauvignon» pourra grosso-modo nous garantir un vin que nous apprécieront plus ou moins, alors que ça n'est pas le cas, par exemple, pour tous les «Bordeaux» : certains «Chianti Classico» ou le «Buzet Baron d'A...» sont biens meilleurs que certains «Bordeaux» rouges, même qualifiés de «supérieurs» ;-) (je ne dis pas non plus que tous les «Bordeaux» sont mauvais, déguster un bon «Graves» est un véritable plaisir). Dans les deux cas (cépage ou terroir), il faudrait, lorsque l'on goûte une «bonne» bouteille, noter le nom du producteur ou du château et le millésime pour s'en souvenir (ce que je ne fais malheureusement pas assez souvent).

Restons donc dans les cépages avec le «Shiraz» («Syrah» en France) : ce cépage donne un vin rouge très «charpenté» qui accompagne à merveille la charcuterie italienne, comme ces «Shiraz» du Lazzio que nous avons goûtés à Rome, mais aussi des viandes grillées au barbecue comme ces «Shiraz» d'Afrique du Sud qui ont été la grande découverte gustative du voyage en Namibie (vins que je préfère de loin au «petit rosé de Provence» mais chacun ses goûts). Autre «Shiraz», autre pays : l'Argentine avec le «Callia Alta Shiraz» qui n'est pas mauvais du tout (bouteille bue dans un restaurant argentin sur l'île de Bonaire dans les Antilles Néerlandaises, ce n'est déjà pas commun) ! A noter que nous avons aussi eu l'occasion de boire un «Yellow Tailed Shiraz» d'Australie : très surprenant mais pas mauvais (surprenant tout de même).

En Argentine, nous avons goûté un autre «Shiraz» (ou «Syrah» pour être exact comme le mentionnait l'étiquette) mais le pays se distingue surtout pour le «Malbec» : nous en avons bu quelques verres lors de notre séjour de 2014 ;-). Ca allait de bon à très bon, mais comme nous n'avons malheureusement pas noté scrupuleusement le nom de tous les vins que nous avons dégustés, il m'est impossible d'en suggérer un en particulier. Au moins, je me rappelle du premier que nous avons bu pour accompagner un bon «bife de chorizo» : c'était un «Fond de cave» (impossible de l'oublier avec un nom comme ça) et il était dans la moyenne supérieure (dire que j'ai oublié le nom de celui que nous avons apprécié le plus, je suis impardonnable).

Dans la catégorie, vin rouge «charpenté» qui accompagne bien des viandes grillées, nous avons fait une très bonne découverte en Croatie avec le «Dingač», vin élaboré avec du «Plavac Mali». Le vignoble est implanté plein ouest sur la presqu'île (ou péninsule) de Pelješac, sur les rives de la mer adriatique, et le «Dingač» est vraiment un délice, à boire avec de la viande grillée au feu de bois. Les vins croates n'avaient pas bonne réputation mais je pense que le pays devrait produire de bons vins dans les années à venir comme ce «Dingač» (le savoir-faire peut s'acquérir comme le prouve ce vin, ou se perdre, rien n'est figé dans le temps). Quand même, côté vin blanc, évitez le «Graševina», il se boit mais il n'est pas terrible quand même...

Le Chili : grand pays de vin (et de pisco). Il est difficile de nous rappeler ce que nous avons bu lors de notre voyage de 2004 et cette année, nous n'y sommes restés qu'une semaine, je ne vais donc pas être d'une grande aide pour vous conseiller un vin chilien mais je peux toutefois parler du «Casillero Del Diablo», c'est-à-dire le «vin de table» que l'on retrouve pratiquement dans tous les restaurants au Chili (en blanc ou en rouge) et que l'on trouve aussi assez facilement en France (pratiquement le seul vin chilien que l'on trouve en France, certainement pour ne pas vexer les Français ;-)!). Quand on parle de vin de table en France, on pense aux briques de vin en carton, aux bouteilles consignées avec les étoiles ou aux cubis en plastique, c'était à dire à de la grosse vinasse pas spécialement bonne mais ce n'est absolument pas le cas du «Casillero Del Diablo» ! Le «Sauvignon» blanc en «Casillero Del Diablo» est plutôt bon, parfait pour accompagner des fruits de mers qui sont la spécialité du Chili. Quant au rouge, nous n'avons pas eu l'occasion d'en goûter en février dernier mais j'ai le vague souvenir du voyage de 2004 qu'il n'était pas si mauvais que ça ! Inutile de dire que, si le «Casillero Del Diablo» n'est déjà pas mauvais, les autres vins chiliens («Carmenere» en rouge, «Sauvigon» en blanc) sont à classer en haut du tableau mondial avec les vins français et italiens.

Revenons maintenant à l'Afrique du Sud qui ne produit pas que du «Shiraz». La production sud-africaine est généralement d'un excellent rapport qualité prix : de bons «Sauvignons» ou de bonnes vendanges tardives à un prix défiant toute concurrence (surtout acheté sur place) pour les vins blancs, ou encore des rouges au goût surprenant mais pas mauvais du tout. Le vin que nous avons beaucoup apprécié est le «Champagne» ou «Champaign» sud-africain (mais qui ne peut pas être appelé «Champagne» puisqu'il n'y a que la production du vignoble de Reims qui puisse avoir cette appellation ; «sparkling wine», mousseux, est donc son appellation officielle). J'en vois certains faire la grimage (si, si) mais pourtant je le clame haut et fort : certains vins mousseux sud-africains sont bien meilleurs que certains «Champagne» (car les «bas de gamme» ne sont pas vraiment bons, il faut le reconnaître et devant le prix de bonnes bouteilles de «Champagne», je préfère m'en passer ; de toute façon, je leur préfère les «Jurançon» moelleux qui sont parfois meilleurs que certains «Sauternes», comme quoi le terroir n'est pas gage de qualité, ni le prix d'ailleurs, la réputation se paie parfois plus que la qualité ;-)) ! Pour en revenir aux vins sud-africains, il convient toutefois de faire attention car certains vins sont vraiment l'exception qui confirment la règle, comme cette vendage tardive que nous avions acheté confiant mais qui ressemblait à du jus de raisin alcoolisé. C'est un peu difficile de s'y retrouver avec les vins sud-africains mais vu leur prix plutôt bon marché (sur place en tous cas ; pour un vin importé en France, certes, il vaut mieux se poser la question), ça vaut le coup de tenter l'expérience !

Bien sûr, nous avons aussi eu l'occasion de boire d'autres vins étrangers que nous n'avons pas spécialement appréciés (en Californie, nos essais n'ont pas été spécialement fructueux, mais c'était il y a très longtemps, les choses ont pu évoluer, ou pas). Nous avons aussi découvert d'autres bons vins que je n'ai pas cités comme cette bouteille de «Corona de Castilla» espagnole, si ma mémoire est bonne. Mais voilà bien justement le problème, ma mémoire n'est pas infaillible, surtout qu'il faudrait justement se souvenir du nom du vin, après sa consommation, c'est-à-dire au moment où les neurones commencent à être touchés... Enfin, quoiqu'il en soit, c'est sûr que je me souviens bien de la dernière fois où j'ai gouté de «la mixture rouge qui tache, goût banane-cerise-Rhône Poulenc» (se référer à l'introduction pour connaître le nom de cette mixture mais je ne peux plus l'écrire à nouveau) : j'ai recraché, impossible de faire autrement ! Mes neurones n'ont pas eu le temps d'être touchés mais mes papilles gustatives ont été meurtries (heureusement, que temporairement) ! Franchement, comment peut-on être fier de cette mixture et faire la fine bouche devant un «Shiraz» du Lazzio ou d'Afrique du Sud, ou un «Dingač» de Croatie ? Mystère et grain de raisin !

PS : je ne suis pas arrivé à caser dans l'article les vins suivants que j'apprécie pourtant : «St Nicolas de Bourgueil», «Pouilly Fumé» ou encore «Saint Mont»... Mais le sujet principal du site est le voyage et celui de l'article porte sur les vins étrangers, je ne pouvais pas faire n'importe quoi ! Mais ça n'ennuierait que quelqu'un arrive sur cet article en cherchant «la mixture rouge qui tache, goût banane-cerise-Rhône Poulenc» dans un moteur de recherche. Je préférerais qu'il le trouve en cherchant «Dingač» ou «Shiraz» : plus un mot est répété dans une page web, plus la page est référencée par rapport à ce mot clef, il convient donc de le répéter le plus souvent possible (un jour le moteur de recherche «lorgnette» - avec deux o - changera son algorithme de référencement et ça ne servira plus à rien que je répète «Dingač» ou «Shiraz» mais tant pis ;-)) ! D'ailleurs, cela me fait penser que quelqu'un est bien arrivé à l'article sur les souvenirs de voyage en cherchant «Ukulélé», ce qui m'amuse beaucoup (si vous voulez comprendre pourquoi, relisez donc complètement cet article toujours disponible sur ce site ; c'est de l'autopromotion, je sais, mais on n'est jamais mieux servi que par soi-même !)

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