Comment louper à coup sûr son voyage ?

Publié le 6-Décembre-2014, par Christophe.

BD pire voyage 1

BD pire voyage 2

BD pire voyage 3

Vous avez l'âme d'un martyre chrétien ? Vous aimer vous plaindre ? La phrase que vous aimez entendre à propos de vous, est «oh, le pauvre, il n'a vraiment pas de chance !» ? Alors, cet article est pour vous ! Voici 3 moyens irréfutables pour gâcher votre prochain voyage et vous faire plaindre à votre retour de voyage :

1. Cherchez dans le catalogue d'un tour-opérateur français, le voyage de groupe le moins cher possible mais dont le libellé laisse supposer des prestations très haut de gamme. Surtout, ne lisez pas le descriptif du voyage mais laissez libre cours à votre imagination : déplacement en Audi Q7 intérieur cuir, pique-nique sur des tables recouvertes de nappes blanches, assiettes en porcelaine de Limoge, couverts en argent, mets prestigieux et raffinés... Tout ça pour moins de 1.000 euros, transport aérien depuis la France compris, pour un séjour de deux semaines au Sénégal !

En plus, vous ne devriez pas être les seuls à avoir le même genre d'attentes, vous pourrez alors vous auto-motiver en groupe pendant le voyage, à grand renfort de critiques acerbes, pour bien vous pourrir votre voyage et, cerise sur le gâteau, vous pourrez même pourrir les vacances de tous les participants au voyage, même ceux qui savent lire un descriptif !

2. Surestimez vos capacités physiques ou sportives et inscrivez-vous pour un séjour sportif exigeant une certaine adaptabilité à la vie dans la nature sauvage. Par exemple, vous n'avez jamais campé de votre vie déjà bien longue (vous avez les 60 ans bien passées), alors n'hésitez pas à vous inscrire pour un safari au Kenya avec des conditions de camping (en tente igloo) assez rudes. Ou encore, l'été dernier, vous avez eu bien du mal à faire les 20 km de canoë sur le Tarn (dans le sens du courant), vous êtes donc prêts pour faire 700 km en quinze jours sur le fleuve Yukon !

3. Cherchez la période la moins chère pour une destination tropicale, c'est exactement celle qu'il vous faut pour profiter du soleil ! N'ouvrez surtout pas un guide de voyage qui pourrait vous expliquer que c'est la période cyclonique. Après tout, si un tour-opérateur propose un séjour aussi bon marché, c'est que c'est une aubaine, un point c'est tout !

Bien évidemment, j'espère que personne de psychologiquement sain n'a réellement envie de gâcher ses vacances mais nous avons quand même croisé des personnes ayant appliqué les conseils précédents à la lettre ! Le problème n'était pas qu'elles se gâchent leurs vacances, mais qu'elles gâchent les nôtres à cause de leur avarice, cupidité, avidité ou encore leur vanité ou narcissisme... De toute façon, on ne changera pas le monde ! Donc, pour revenir à quelque chose de plus sérieux, voici 10 galères que nous avons connues au cours de nos voyages et leurs raisons/causes :

1. Etape Phoenix - San Diego trop longue lors du voyage de 1996 dans l'ouest américain (auto-tour) : déjà, côté tour-opérateur, il n'y a pas idée de prévoir une étape avec autant de kilomètres aux USA, qui plus est, le long de la frontière mexicaine très surveillée par les forces de l'ordre américaines. Mais nous aurions aussi dû mieux lire le descriptif et nous rendre compte de ce problème (de nombreuses autres étapes étaient aussi trop longues). Maintenant, nous organisons nous-mêmes nos voyages et nous ne prévoyons jamais plus de 3 heures de trajet en voiture entre deux étapes.

2. Le voyage aux Canaries en 1997 : ce n'était pas cher, il y a quelques beaux coins sur l'île de Ténérife, mais c'est une destination où la fréquentation touristique est énorme et où le tourisme a grandement dénaturé l'île ! Puis, l'hôtel-club où nous étions, avec ces touristes qui se levaient à 6 heures du matin pour poser leurs serviettes sur les transats au bord de la piscine et ces mêmes touristes qui remplissaient au self des assiettes à raz-bord, n'hésitant pas à recouvrir des beignets de calamars (bien gras) d'une bonne couche de bœuf bourguignon (pas terrible), ne correspondait vraiment pas à ce que nous recherchons en vacances. Nous aurions dû mieux nous documenter sur l'île et trouver un logement chez l'habitant dans le nord de l'île, ou choisir une autre destination.

3. Voyage au Québec en 1997, effectué après la fête du travail : nous avions déjà retenu la leçon du voyage de l'année précédente aux USA, nous avions nous-mêmes choisi les étapes mais nous n'avions pas prévu qu'après la fête du travail au Canada, le premier dimanche de septembre, la plupart des prestataires touristiques fermaient leurs portes ou tout au moins passaient à des horaires d'hiver plus allégés... Nous n'avons pas pu faire tout ce que nous avions prévu par manque évident de préparation du voyage (ce qui est plus facile à faire aujourd'hui avec internet).

4. «Toto» sur le Yukon en 2003 : ce bougre d'âne avait largement surestimé ces capacités physiques (et mentales) ! 700 km en canoë, ce n'est pas rien, même si ça ne demande pas le physique d'un marathonien ! Cet hurluberlu nous a un peu gâché le voyage car nous n'étions que 5 dans le groupe, guide et «Toto» compris.

5. Enlisements au nord Chili en 2004 : nous aurions du louer un véritable 4x4 au lieu d'un 4x2 mais la location d'un 4x4 était bien plus chère ! Nous avons donc perdu beaucoup de temps à essayer de sortir ce 4x2 de la boue ou du sable par 4.000 m d'altitude mais nous avons aussi dû renoncer à certaines parties du programme. Nous avions aussi prévu de camper, en tente, et cela n'est guère confortable au Chili à cause notamment des Chiliens très noctambules dans les campings...

6. Bronchite en Martinique en 2005 : nous n'avons presque pas pu plonger du séjour, ce qui était pourtant le but du voyage... Difficile de savoir pourquoi nous sommes tombés malades et ce que nous aurions pu faire pour éviter cela ? Etait-ce à cause de la climatisation de l'avion trop froide ou la promiscuité en classe économique ? Mystère !

7. Les cons au Sénégal en 2006 : c'étaient des pingres cupides, jaloux, stupides et racistes ! La connerie humaine n'a parfois aucune limite et c'est bien difficile de s'en prémunir, d'autant plus qu'ils étaient nombreux ! C'était un de nos derniers voyages de groupe car après celui-ci, nous avons compris que pour éviter de subir des cons, la fuite était la seule solution.

8. Sorbet coco au Viêt Nam en 2007 : sorbet fabriqué avec l'eau de la rivière, nos intestins n'ont pas apprécié ! Le vendeur les destinait pourtant bien aux touristes qui revenaient du marché local. Sympa les randos dans les rizières, avec la courante...

9. Changement horaire du ferry à l'île des Pins en Nouvelle Calédonie en 2010 : l'armateur a changé ses horaires au dernier moment pour lui permettre d'avoir plus de passagers en profitant du long week-end en perspective mais sans respecter les horaires prévus. Nous n'avons donc pas pu aller voir la baie d'Oro, un des paysages les plus emblématiques de Nouvelle Calédonie, car il nous fallait repartir beaucoup plus tôt que prévu.

10. Les lacs gelés à Banff en 2011 : nous sommes partis trop tôt en saison pour louer moins cher le camping-car (et je voulais aussi qu'il y ait encore un peu de neige sur les sommets). Il s'en est fallu de peu mais les lacs étaient encore gelés et les sentiers de randonnées sous la neige alors que nous avions prévu d'admirer ces lacs au bleu particulier et de randonner en montagne. Rien qu'une semaine plus tard, ça aurait été bien mieux et deux semaines plus tard, ça aurait été parfait !

De là, j'ai essayé de synthétiser, de voir quels sont les facteurs qui peuvent gâcher en totalité ou en partie un voyage, facteurs que j'ai classé en catégories :

Première catégorie : le facteur humain et en premier lieu, vous-même ! C'est le facteur le plus important (même si vous ne travaillez pas à la poste) et le seul sur lequel vous avez réellement de l'influence (enfin, espérons-le). Voici donc une sorte de check-list à vérifier avant le départ :

1. Avez-vous bien lu tout le descriptif du voyage proposé par le tour-opérateur s'il s'agit d'un voyage organisé ? Et surtout, ne l'avez-vous pas lu de manière sélective ? Par exemple, quand le descriptif indique que les toilettes seront dans la nature, ça veut dire qu'il vous faudra chier dans les bois ou le désert ! Etes-vous bien certain d'être capable de faire cela ? Ca fait sourire mais j'ai de nombreux exemples en tête prouvant que certains ne sont pas capables de le faire ! Si le descriptif indique qu'il vous faudra mettre la main à la pâte pour le bivouac, ça veut dire qu'il vous faudra faire la vaisselle, pas seulement vérifier s'il y a assez de sel dans l'eau de cuisson des pâtes !

2. Si vous vous organisez vous-même votre voyage, avez-vous bien préparé le voyage ? Est-ce que vous vous êtes bien renseigné sur la destination ? Par exemple, avez-vous bien pensé à l'argent sur place ? Votre carte bancaire est-elle bien acceptée ? Faut-il des dollars US pour payer certains droits d'admission ou taxes d'aéroport ? Quel est le coût de la vie sur place ? Comment allez-vous communiquer sur place (et oui, dans un pays étranger, on n'y parle pas forcément français, voire personne n'y parle français) ? Quel est l'horaire d'ouverture des magasins ou des activités diverses ? Ceux-ci sont-ils fermés pendant des fêtes ? Et quels sont ces fêtes ? Comment allez-vous vous déplacer ? Bus, avions, Train, quels sont leurs horaires et modes opératoires ? Faut-il réserver avant ? Si vous comptez conduire sur place, connaissez-vous le code de la route local, en tous cas ces spécificités, en particulier concernant le stationnement ? Quel véhicule sera nécessaire en fonction des conditions des routes ou pistes ?

3. Votre forme physique ? Certes, ce n'est pas une valeur très quantifiable. Avoir «une bonne forme physique» est très subjectif ! Certains, parce qu'ils ne sont pas malades, vont répondre qu'ils sont en forme, même s'ils ne pratiquent que le fauteuil devant Drucker le dimanche après-midi. Alors que pour d'autres, avoir une bonne forme physique signifie qu'ils sont capables de courir un marathon. Renseignez-vous et n'essayez surtout pas de surestimer votre forme physique ! Cela serait désagréable pour vous, mais aussi pour les autres qui devront vous attendre et vous supporter... Et si le guide est obligé de modifier le programme d'activité parce que vous n'êtes pas capable de suivre, vous risquez d'en entendre parler ! Si vous n'êtes pas capable de gravir le mont Blanc, ce n'est pas une tare, personne ne vous reprochera de le reconnaître mais si vous vous surestimez et que vous mettez des vies en péril à cause de votre ego surdimensionné, je crains que ça se passe très mal pour vous. A noter que certains guides ne sont pas capables non plus d'estimer correctement votre forme physique, mais ça c'est une autre histoire !

4. La météo ? Passer ses journées de vacances enfermées dans une chambre d'hôtel, ce n'est pas ce que l'on fait de mieux... Vous ne pouvez rien contre la météo mais vous pouvez vous renseigner lors de la préparation de votre voyage, pour choisir la période la plus favorable ! J'ai déjà écrit un article sur ce blog concernant la météo en voyage, je ne reviendrai pas sur ce sujet en détail, à vous de chercher... Malheureusement, ce critère est souvent en concurrence avec la fréquention touristique, il faudra souvent choisir entre «beau temps et plein de monde» ou «temps plus variable mais moins de monde» !

Seconde catégorie : encore le facteur humain mais cette fois-ci, il s'agit des autres, c'est-à-dire, en voyage «touristique», les autres touristes, que vous soyez en individuel (la fréquentation touristique de certains lieux) ou en voyage de groupe (dans ce cas, les autres seront constamment avec vous toute la journée), le guide, le prestataire de service et enfin l'autochtone.

1. Les autres touristes : vous ne pouvez pas réellement vous prévenir de leur pouvoir de nuisance, à part en les fuyant, ce qui est extrêmement compliqué à faire, par exemple, sur un bateau. A vous de vous y préparer ou de souffrir en silence !

2. Le guide : gros problème en perspective s'il est cupide et/ou paresseux ! Par exemple, au lieu de passer du temps sur un site archéologique, il préférera vous lâcher des heures dans un magasin de souvenirs ou de pierres semi-précieuses, ce qui lui permettra en plus de toucher une commission sur vos achats. Mais, je sais aussi que ce genre de comportement ne gène que moi car le touriste lambda, accroc à la société de consommation, trouvera normal de passer des heures dans un magasin de souvenirs, contre quelques dizaines de minutes dans un site archéologique où en plus, il faudrait marcher ! Peut-être que quelques individus râleront sur le fait que leur guide touche une commission, mais pas sur le bâclage de la visite du site archéologique... De toute façon, le meilleur moyen pour éviter les désagréments potentiels générés par un guide : se débrouiller par soi-même, tout simplement !

3. Le prestataire de service (catégorie qui inclue les tour-opérateurs, les organisateurs d'excursion, les hôteliers, les restaurateurs, etc...) : là encore, c'est la cupidité du prestataire qui peut vous jouer de mauvais tours. Le rendement financier est privilégié au détriment du service rendu et c'est vous qui payez les pots cassés ! Pour s'en prévenir : comparer les différentes prestations ou se débrouiller par soi-même si c'est possible !

4. L'autochtone : risque minime, voire quasiment nul ! Si vous pensez avoir gâché votre dernier voyage à cause des habitants du pays visité, il faut peut-être alors regarder le facteur commun à toutes ces personnes que vous avez rencontrées lors de ce voyage, c'est-à-dire vous ! Oui c'est sûrement vous qui avez été incompatible avec la façon de vivre de l'autochtone et comme on ne peut pas demander à tout un pays de s'accorder à votre façon de vivre, il aurait peut-être fallu que vous ne vous rendiez pas dans le pays en question !

Troisième catégorie : vide ! Car Je ne vois rien d'autre à ajouter. Bien évidement, on peut manquer de chance, par exemple, on peut choisir une période favorable pour la météo et tomber sur un temps exécrable qui vous gâchera vos vacances. On peut aussi choper une bronchite en tout début de vacances «plongée». Mais contre ce genre de situation, on ne peut strictement rien faire, c'est donc un non-sujet (même si certains sont capables de palabrer des heures sur un sujet du même style pour n'arriver à aucune conclusion concrète) !

En guise de conclusion, on retiendra que le point le plus important pour réussir un voyage, c'est bien évidement la préparation du voyage, même si vous partez en voyage organisé ! Au moins, lisez précisément la brochure descriptive du tour-opérateur, rien que ça, c'est extrêmement important. Et n'hésitez pas à poser des questions si ça ne vous semble pas clair mais ne partez jamais avec des idées préconçues en tête ! Cela semble évident mais nous avons malheureusement croisé trop de personnes qui n'ont pas respecté cette simple recommandation (vous pouvez lire le récit de notre voyage au Sénégal en 2006, à la fin, tout un chapitre est spécialement dédié aux agissements des ostrogoths qui n'ont pas manqué d'imagination pour pourrir le voyage) ! Sur ce, bonne préparation de voyage ;-) !

PS : J'ai certes recommandé de lire la brochure descriptive du tour-opérateur mais il serait bon que vous supportiez sans râler (je sais, cela est très difficile pour un Français) que celle-ci comporte quelques erreurs dues tout simplement au fait qu'elle a peut-être été éditée depuis quelques mois et qu'entre-temps des événements complètement indépendants de la volonté du tour-opérateur ou de son guide ont pu survenir, comme un tremblement de terre qui aurait ébranlé un édifice dont la visite était initialement prévue au programme mais qui est maintenant fermé au public. Il peut tellement y avoir d'imprévu dans la vie, ce n'est pas la peine pour autant de se pourrir la vie et celle des autres. N'allez pas me faire un caca nerveux parce que vous n'avez pas pu visiter la mosquée de Touba, par exemple, alors qu'elle était au programme ! Et pitié, ne cochez pas un exemplaire du programme pour vérifier que le guide le suit bien à la virgule près, admettez un peu d'adaptation !

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