Cat’s world !

Publié le 1er-Mai-2021, par Christophe.

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Depuis 1998, nous avons réalisé plusieurs safaris dont le seul but était bien évidemment l’observation et la photographie des animaux sauvages (au fait, si le moindre chasseur de trophée venait à lire ces lignes, qu’il attende l’article du mois prochain pour découvrir tout le mal que je pense de lui), et ce dans différents pays d'Afrique : Kenya, Sénégal, Namibie, Botswana, Afrique du Sud et Tanzanie. Mieux, ces safaris ont été réalisés de différentes manières : en voyage de groupe, seuls (enfin, à deux tout de même) ou accompagnés d’un chauffeur, avec hébergement en lodges, camps de toile ou campings. Cela me permet donc de pouvoir passer en revue plusieurs offres en matière de safari, avec leurs avantages et leurs inconvénients, car tous les pays ou formules ne se valent pas : par exemple, même si on peut trouver des babouins un peu partout sur le continent africain, il est plus difficile de trouver des lions au Sénégal, en dehors d'un terrain de football ;-). Bien évidemment, les inconvénients d'un pays ou d'une formule peuvent être largement compensés par ses avantages : par exemple, une faune un peu moins riche peut être compensée par de magnifiques paysages ou des rencontres sympathiques avec des villageois. Alors, vous n'avez pas trop d'argent, où vous faut-il partir pour voir des hippopotames ? Ou, vous avez suffisamment d'argent et vous voulez voir plein de guépards, de lions ou de léopards, quelle destination vous est alors incontournable ?

Déjà, j'ai commencé par me vanter dans mon introduction que nous sommes allés au Kenya. Mais c'était en 1998, avec une formule de «Nouvelles Frontières» qui n'existe plus aujourd'hui (la formule et l'état d'esprit de cette agence de cette époque ont disparu... On peut donc oublier cette agence...). Je vais donc éviter de passer trop de temps sur cette première expérience d'un safari africain mais c'était magique côté animaux : nos premiers lions, guépards, hyènes, girafes, zèbres, éléphants, hippopotames, crocodiles, etc... Par contre, les conditions d'hébergement, en tentes igloos dans des endroits que l'on ne pouvait pas vraiment appeler camping, étaient rudes, très rudes. Ce n'est donc pas une formule que je conseillerai aujourd'hui.

2002 : l'Afrique Australe, c'est-à-dire une toute petite pincée d'Afrique du Sud, une bonne dose de Namibie et de Botswana et de nouveau, une pincée de Zimbabwe pour les chutes Victoria ! Là encore, c'était un circuit aventure de «Nouvelles Frontières» mais le correspondant local, sud-africain, existe toujours aujourd'hui (bien qu'ayant augmenté sensiblement ses tarifs, mais sans arriver à des tarifs prohibitifs) et d'autres agences locales continuent de proposer cette formule de voyage de groupe en camion, tentes et donc camping. Etant donné que les campings dans cette partie du globe sont souvent très bien équipés, et que le matériel de camping aux normes sud-africaines est confortable (robuste et pratique), il n'y avait aucun souci de ce côté, je ne peux que recommander cette formule. Le petit hic provient du camion en lui-même, qui ne possédait pas trop d'ouvertures (c'est-à-dire, des espaces libres, non vitrés, par lequel on peut passer un objectif photo), ce qui fait, qu'entre tous les participants du voyage, on se marchait un peu sur les pieds pour prendre des photos. Cependant, pour les deux jours dans le parc de Moremi (delta de l'Okavango au Botswana), nous étions à bord de vrais véhicules de safari, totalement ouverts, et pour cette partie la plus intéressante du voyage, c'était donc génial ! Bien évidemment, en étant en groupe, on ne pouvait pas rester aussi longtemps qu'on aurait aimé pour observer les animaux alors que la faune africaine était très bien représentée entre Etosha en Namibie où l'on observe les animaux aux points d’eau (de jour, ou de nuit aux camps), Chobe où nous avons fait un safari en barque pour voir les éléphants nager (un spectacle hallucinant) et Moremi pour les lions et les guépards ! C’est un voyage que je recommande vivement pour son prix raisonnable et la qualité des observations d'animaux, mais c'est tout de même un voyage de groupe avec les inconvénients que cela apporte.

2006 : Sénégal ! C'était aussi un circuit aventure de «Nouvelles Frontières» qui semble être encore plus ou moins commercialisé aujourd’hui (mais plus au même tarif qui était imbattable à l'époque) bien que le correspondant local ne semble plus exister. Quoi qu'il en soit, des agences sénégalaises continuent tout de même de proposer cette formule de voyage de groupe en camion (bien ouvert cette fois, le vieux Saviem 4x4 de l'armée, à tous les vents, pas de problème pour les photos) et logement en gîtes ruraux (dans les villages) et parfois en tentes igloos. Il est important de noter que le mode d'hébergement était le point fort du voyage, car il privilégiait les rencontres avec les villageois. Côté animaux, ce n'est pas l'Afrique de l'Est, ni l'Afrique Australe... Le parc de Djoudj nous a laissé d'excellents souvenirs pour ses pélicans mais le parc du «Niokolo Kobo», bien qu'intéressant (pour sa faune aviaire, ses babouins, gazelles et quelques hippopotames), peut être un peu décevant. Le principal problème de ce voyage venait du prix, vraiment pas cher, qui avait attiré des gros beaufs, insupportables et racistes... Je ne recommande donc pas vraiment ce voyage pour un safari (observation des animaux) mais pour la rencontre avec les Sénégalais qui sont très accueillants et sympathiques dans les villages reculés (c'est moins le cas à Dakar).

2012 : Namibie, seuls au volant d'un pick-up 4x4 avec une tente (dépliable) sur le toit et tout l'équipement de camping adéquat (frigo, gazinière, table, chaises, etc...) ! La location du véhicule est un peu chère, mais on se rattrape sur le prix des campings, très bien équipés. Comme nous n'étions que deux dans le pick-up qui possédaient 4 portes, nous pouvions donc aisément, prendre des photos si l'un restait (forcément) au volant alors que l'autre passait sur la banquette arrière, mais à 3 ou 4 personnes dans le véhicule, nous nous serions gênés mutuellement. Étant donné que prendre des photos à travers le pare-brise n'est pas ce qu'il se fait de mieux, il faut donc se garer de manière à pouvoir photographier par les vitres (ouvertes) des portières, mais cela ne pose pas vraiment de problème dans le parc d’Etosha où l'on se stationne aux points d'eau pour attendre que les animaux viennent boire. Côté animaux : Etosha et le Damaraland sont riches en animaux, pas de problème, mais tout de même un peu moins que le parc de Moremi au Botswana ou le parc du Serengeti en Tanzanie. Cependant, la Namibie compense très largement par ses magnifiques paysages et, immanquables, ses otaries à fourrure au cap Cross ! Bien évidemment, l'avantage de partir à deux, c'est qu'on est libre de faire ce que l'on veut et donc, attendre aussi longtemps les animaux qu'on le veut, au petit détail près qu'il faut être rentré dans les camps avant la tombée du jour. Cependant, nous avons aussi utilisé quelques excursions organisées (en groupe, avec un guide) pour des safaris nocturnes ou dans des zones difficiles d'accès (pour des novices de la conduite hors-piste que nous sommes). C'est un voyage que nous recommandons chaudement, mais peut-être pas pour un tout premier safari car se retrouver au volant d’un 4x4 en conduite à droite, seuls, dans le désert de Namibie, peut être un peu stressant !

2015 : Afrique du Sud, avec le parc de Kruger en plat principal, et la réserve privée de Makalali en guise de dessert, ce qui fait que ce voyage comportait deux parties très différentes. Commençons par la petite semaine consacrée au parc national de Kruger : nous avions une voiture standard, une berline compacte, ce qui ne posait absolument aucun problème pour circuler, par nous-même, sur les routes goudronnées et les pistes en bon état du parc (surtout en août, en plein cœur de la saison sèche, même si les pistes sont alors très poussiéreuses), sachant qu'on n'a pas le droit de sortir des pistes (mais cela ne pose pas de problème pour l'observation des animaux), et nous dormions dans les rondavels (bungalows) suffisamment confortables des «rest camps» du parc, dont certains sont bien équipés pour se faire à manger soi-même, sachant qu'en plus, ces «rest camp» possèdent des petits supermarchés et même des restaurants «bas de gamme». C'était donc une partie du voyage assez économique. Le seul petit hic est que nous nous sommes pris trop tard pour réserver ce voyage et qu'en conséquence, nous n'avons donc pas pu séjourner très longtemps dans les «rest camps» du sud du parc (Preoriuskop ou «Lower Sabie»), ceux les plus intéressants pour la faune (rhinocéros ou léopards), mais nous dormions tout de même dans le parc, ce qui nous permettait de participer aux safaris nocturnes ou matinaux organisés par Sanparks, l'organisme officiel qui gère les parcs nationaux sud-africains. Beaucoup de voyageurs font l'erreur de loger en dehors du parc national car, comme il est interdit de circuler dans le parc entre le coucher et le lever du soleil, ces voyageurs ne peuvent pas profiter de ces safaris organisés par Sanparks (qui peuvent eux, circuler de nuit dans le parc), se privant ainsi des observations animalières les plus intéressantes. Côté animaux, justement, en même pas deux jours, nous avions vu les «big five», c'est-à-dire rhinocéros noirs, lions, éléphants, léopards (les plus difficiles à observer) et buffles ! Il manquait juste quelques guépards et le bestiaire africain aurait été au complet car nous avons aussi vu girafes, hippopotames, koudous, hyènes, etc... Pour savoir où sont les animaux, il suffit juste de passer par le bureau des rangers dans les camps, pour lire le tableau d'observation de la journée et se rendre ensuite dans les lieux indiqués : par exemple, il y a de fortes chances que les lions soient encore en train d'y faire la sieste ;-). Le parc Kruger est vraiment une destination incontournable, le must absolu pour un premier safari (à condition de loger dans le parc, dans les «rest camp», en réservant longtemps, très longtemps, à l'avance), en optant pour quelques safaris guidés avec les rangers de Sanparks.

La réserve privée de Makalali : décevante ! Certes, dans une réserve privée, les voitures de safari de la réserve peuvent sortir des pistes, et ainsi passer par des endroits improbables, pour aller dénicher, par exemple, des lions. Mais, même de cette manière, les observations ont été plus riches en deux jours dans le Kruger, qu'en deux jours dans cette réserve (alors que les employés de la réserve privée qualifiaient le Kruger de «boring», c'est-à-dire chiant). Certes, nous avons vu plein d'éléphants, un rhinocéros, deux lions et quelques hippopotames, mais pas de léopard, ni de guépard... Le rapport qualité (des observations d'animaux) / prix n'était pas au mieux, surtout vu le prix de la chambre (luxueuse, grande, feu de bois dans la cheminée, deux douches) du lodge de la réserve (il était bien plus onéreux que celui des rondavels des «rest camps» du Kruger). Peut-être avons-nous manqué de chance ? Sûrement ! Je ne conseillerai donc pas un safari dans une réserve privée, mais je ne la déconseillerai pas non plus, mais je trouverais inadmissible que l’on visite l'Afrique du Sud en se contentant des réserves privées, sans passer quelques nuits dans le parc Kruger.

2019 : Tanzanie, c'est-à-dire le parc national du lac Manyara, le cratère du Ngorongoro, le parc national du Serengeti et celui du Tarangire. Nous étions juste tous les deux, dans un véritable véhicule de safari avec le toit qui se remonte (idéal pour les photos) conduit par un chauffeur-guide qui était à l'écoute les informations diffusées en swahili à la radio par les autres chauffeurs. Les conditions d'observation étaient donc optimales et nous en avons bien profité : lions, lionceaux, guépards, léopards, éléphants, girafes, hippopotames, hyènes, gazelles, zèbres, gnous par milliers, etc... Tout le bestiaire d'Afrique de l'Est y est passé (avec un léger bémol pour les rhinocéros que nous avons vus de très, très loin dans le cratère du Ngorongoro) ! C'était donc notre plus beau safari (même si le parc de Moremi au Botswana est classé juste derrière), mais aussi, le plus coûteux ! Non pas à cause du véhicule avec chauffeur (au fait, on ne peut pas circuler avec une simple berline dans les réserves tanzaniennes), ni à cause des droits d'entrées dans les parcs (exorbitants pour le cratère du Ngorongoro), mais à cause de l'hébergement car même pour un simple camp de toile, toutefois confortable, en pension complète, il nous a fallu débourser 400 $US la nuit (pour deux) et c'était l'hébergement le moins cher ! Malheureusement, les solutions d'hébergement économiques dans les parcs nationaux sont rares : on peut, je pense, oublier le camping comme en Namibie (en Tanzanie, nous n'avons pas vraiment vu de camping, ni de véhicule avec une tente pliable sur le toit), mais aussi les hébergements en rondalel comme au parc Kruger en Afrique du Sud. C'est donc le prix à payer, pour la bonne cause, c'est-à-dire pour la préservation d'espaces naturels où la faune sauvage abonde ! Sans les revenus financiers dégagés par le tourisme, l'économie tanzanienne serait certainement bien plus chancelante et les braconniers seraient peut-être plus actifs ! Donc, malgré le prix excessif d'un tel safari, je conseille néanmoins à tous les amoureux de la faune africaine de visiter la Tanzanie, sans la moindre restriction !

En résumé, je conseillerai pour un premier safari (ou même pour un second, je rêve d'y retourner), l'Afrique du Sud, avec le parc Kruger, au volant d'une berline (ou d'un petit SUV), pour observer les animaux à sa guise (et en optant de temps à autre pour un safari guidé avec un ranger de Sanparks), et pour un prix raisonnable (excellent rapport qualité des observations / prix) ! Ensuite, je proposerai la Namibie pour un second voyage, avec passage obligé par le parc d'Etosha car observer les animaux venir boire la nuit aux points d'eau situés près des camps est un spectacle inoubliable, et si on opte pour le camping, le prix reste raisonnable. Et n'oublions pas que la Namibie offre quelques-uns des plus beaux paysages de la planète comme «Dead vlei» ou le Spitzkoppe. Mais, pour voir des gros chats à foison, comme des guépards qui sont mes félins sauvages préférés, la Tanzanie est incontournable avec le parc national du Serengeti (et même le Tarangire) : les observations sont incontestablement les plus extraordinaires que nous ayons eues l'occasion de faire, malgré le prix des hébergements tout aussi extraordinaire... Reste donc le Botswana et le parc Moremi (delta de l'Okavango) que je n'ai pas encore évoqué dans cette conclusion, mais il nous faudrait y retourner pour mettre à jour nos connaissances sur ce parc ;-). Pour finir, il est important de noter que je ne recommande pas vraiment les voyages de groupe qui me semblent antinomiques avec un safari : si on aime vraiment observer les animaux, inutile de s'affliger la présence de gros beaufs qui attendent avec impatience de s'enfiler leur bière aux bars des lodges ! Pour moi, le luxe ne se mesure pas par la largeur du lit dans la chambre du lodge, mais au nombre de beaufs n'ayant finalement rien à foutre de l'observation des animaux, qu'il faudra supporter (en plus, on ne peut même pas jeter ces beaufs aux hyènes, elles pourraient s'intoxiquer) !

PS : Bien évidemment, retrouver tous ces voyages sur https://www.amvdd.fr

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